Venezuela

Par Mardi 1 août 2017 Permalink 4

Pauvre Venezuela! Si loin de dieu et si proche des Etats-Unis! Avec la crise actuelle nous voilà revenus 50 ans en arrière. L’Amérique latine continue d’être le théâtre d’un antagonisme fondamental entre, d’un côté la tutelle américaine, les grandes firmes multinationales s’exprimant par le soutien à des régimes appelés dorénavant « démocratiques » bien que guère enclins à l’alternance politique et de l’autre des mouvements d’émancipation sociale systématiquement qualifiés de dictature pour les discréditer vis à vis de l’opinion internationale. L’Amérique latine se doit d’imiter le modèle occidental sinon c’est l’isolement économique.

Hugo Chavez puis Nicolás Maduro entendent infléchir un monde dans lequel règne le mépris de classe et l’exclusion sociale en dénonçant le néolibéralisme. Ils sont très vite traités d’incompétents d’autant plus facilement que tout est fait pour leur mettre des bâtons dans les roues. La faillite du système qu’ils essaient de mettre en place, est soigneusement organisée. Les banquiers, le monde de la finance internationale sait très bien faire! Résultat ils ne parviennent ni à réduire sensiblement la pauvreté ni à éliminer la malnutrition. Néanmoins, il n’est jamais rappelé que les programmes sociaux successifs lancés par leurs gouvernements, malgré la gabegie, la corruption et le clientélisme, ont quand même redistribué une partie de la manne pétrolière.

Alors les grands clivages géopolitiques apparaissent au grand jour à l’occasion de la crise vénézuélienne. D’un coté les Etats Unis, l’Union Européenne (voir le bourrage de crâne médiatique actuel à propos de l' »ignoble » Maduro) ou le Brésil crient au loup, se concentrent uniquement sur les opposants au régime, les financent très probablement. Enfin on a déjà vu ça en Ukraine, il n’y a pas longtemps… De l’autre, l’inévitable Russie, l’Iran aussi bien sûr, et la Chine qui ne cesse de se méfier des occidentaux. Ces pays ne cachent pas leur sympathie pour le Venezuela actuel.

La crise vénézuélienne est l’occasion pour les grandes puissances de s’affronter sans prendre le risque de se combattre trop directement. C’est l’occasion aussi d’alimenter une information où la vérité n’est nulle part et la propagande partout.

Frédéric Le Quer