Vacances des algériens

Par Mardi 1 septembre 2015 Permalink 21

Le retour des vacances des algériens ou franco-algériens vivant en France est diversement ressenti. Beaucoup sont allés dans leur pays d’origine et les expériences sont mitigées.

On voit actuellement des hommes rentrant du bled, la barbe bien taillée et la djellaba flambant neuve se promenant sur les trottoirs des villes de banlieue ou tranquillement assis à une terrasse fumant la chicha au soleil de la fin de saison estivale. Evidemment, les codes vestimentaires occidentaux sont directement défiés et la norme dans certains quartiers sur le sol français est plus à la tunique qu’au blouson. Le musulman militant, pourrait-on dire, a rechargé ses batteries au bled et rentre sûr de sa culture, de sa foi et de sa mission prosélyte.

En revanche certains propriétaires d’un appartement à Alger sont loin de revenir galvanisés. Beaucoup ont eu la surprise en arrivant de voir leur bien occupé. La crise du logement dans la capitale n’est pas traitée par les autorités qui préfèrent construire des mosquées géantes, laissant les citoyens qui n’osent rien dire (la chape de plomb posé sur les sujets religieux devient étouffante) dans la précarité mais donnant ainsi des gages aux islamistes plus conquérants que jamais dans le pays. Ces derniers n’hésitent donc pas à s’installer dans ces logements laissés vides une bonne partie de l’année par leur propriétaire vivant en France. Le cas d’une famille arrivée avec enfants et bagages est révélateur. Après avoir parlementé deux, trois jours avec les occupants, ceux-ci l’ont autorisée à rester cohabiter pendant la durée de leur séjour. Les femmes durent être voilées tout le temps et la journée était rythmée par les prières. L’une des filles est rentrées littéralement malade tant ses vacances l’avait dégoûtée! La propriété en Algérie ne garantit pas un usus de tout repos!

Le clivage entre le nord et le sud de la Méditerranée s’accentue. Quand certains tentent d’imposer les modes culturels par hégémonisme dans les lieux où ils ont débarqué, d’autres ne se ré-acclimatent pas au pays de leurs origines. C’est aussi ça le problème de l’immigration.

Frédéric Le Quer