Une crise du porc épique

Par Mardi 18 août 2015 Permalink 25

L’industrie du porc semble s’enfoncer dans la crise. Totalement hors sol, elle a plus à voir avec la fabrication de biens manufacturés qu’avec de l’élevage. Le principe est de transformer le blé et le maïs en viande et les rationnels et ingénieux allemands savent mieux faire pour moins cher.

En paraphrasant De Gaulle, bien entendu on peut sauter sur sa chaise comme un goret en disant , l’Europe, l’Europe… Mais la concurrence sans merci qui se déroule entre les membres de l’Union Européenne montre à quel point tout est mal ficelé, à quel point les égoïsmes nationaux viennent se heurter de plus en plus frontalement en cette période de crise économique. L’angélisme qui règne en France oblige à tout accepter et dans ce cas, d’autant plus obligatoirement, que ce sont les banques et la grande organisation syndicale, la FNSEA, qui ont poussé les agriculteurs vers cette sorte d’élevage où le fric est partout dans les esprits sinon dans la poche des paysans, et le plaisir du travail bien fait nul part. Voir un pays comme la France, avec sa culture gastronomique, ne produire que 3% de viande porcine bio est proprement scandaleux. Elle est d’ailleurs presqu’introuvable au supermarché! Mais tout cela est voulu par l’industrie agro alimentaire pour augmenter les profits et par des banques qui pour le paysan ont remplacé le seigneur de l’ancien régime et poussent à la création d’exploitations de plus en plus capitalistiques payées pendant toute la durée de la carrière professionnelle en remboursant les prêts.

Evidemment ces gens ce sont faits avoir en devenant des gérants de petites usines à bestiau. Leur travail est minable pour ne jamais s’être intéressé à l’animal élevé dans des conditions effroyables et en plus absolument pas rentable. Le porc des allemands n’est ni pire ni meilleur que le leur, leur travail n’est pas plus glorieux, mais ils sont largement en tête dans la course au plus bas prix en utilisant entre autres les ficelles de la réglementation européenne du travail. Les agriculteurs doivent se démarquer ou regarder simplement vers la charcuterie haut de gamme de l’Espagne ou de l’Italie et ainsi au lieu d’être des fabriquants de porcs comme on fabrique des cuisinières ou des voitures, ils mériteront à nouveau le titre d’éleveur qu’ils galvaudent actuellement.

Frédéric Le Quer