Un tissu industriel qui fait mal

Par Jeudi 27 avril 2017 Permalink 1

La scène d’hier à Amiens était assez jubilatoire. Emmanuel Macron qui expliquait avec suffisance à ses fidèles journalistes qu’ils ne lui dicteraient pas le timing de sa campagne électorale et qu’il faudrait qu' »ils s’y habituent » s’est vu forcer quelques heures plus tard de mettre ses pas dans ceux de Marine Le Pen!

Les images dévastatrices bien qu’édulcorées par toutes les télévisions réduites à diffuser pour leur propagande des scènes tournées par le staff du candidat du système, montraient néanmoins une Marine Le Pen multipliant les selfies avec les ouvriers et les ouvrières et un Macron tentant de justifier une mondialisation qui fait disparaître de France son tissu industriel.

Des trois piliers qui font un tissu industriel varié et efficace, i.e. les grandes entreprises, les entreprises de taille intermédiaire (ETI) et les petites et moyennes entreprises (PME), il ne restera bientôt plus rien sinon des plans de formation offerts aux gens pour leur faire passer le temps. Le chômage dont on parlait hier matin avec prémonition compte tenu des désastreux résultats du soir, oblige inéluctablement le travailleur à s’inventer un revenu pour subsister. Combien en sont capables?

La société que veut Emmanuel Macron est dure, implacable, inégalitaire à force de laisser sur le carreau les moins instruits, les moins doués, cette masse que de tout temps la société a porté d’une façon ou d’une autre. Ces gens qui ne font rien d’autre de leur vie que de la gagner sont ceux qu’Emmanuel Macron va en plus marginaliser et stigmatiser car ils n’auront pas été capables de s’ubériser pour trois francs six sous en bossant bêtement jour et nuit pour pouvoir manger.

Marine Le Pen apportait hier un espoir, celui d’essayer autre chose autrement.

Ses choix économiques et financiers ont leur cohérence en cherchant à recréer un tissu industriel français uniquement possible avec une monnaie moins chère. Il faut que les gens comprennent que, par exemple, une maison dans un lotissement qui vaut 200 000 € avec un euro équivalent à un dollar, ça ne leur apporte rien de concret, juste une illusion qui convient aux intérêts de la classe sociale que protège Emmanuel Macron. Si leur maison valait 200 000 francs avec un franc valant 20 cents comme dans les années 70-80 cela ne leur changerait aucunement la vie! Au contraire, ce serait plus facile même si leur portable ou leur télé leur coûterait plus cher… Et encore, ils finiraient par les fabriquer eux-mêmes dans leur usine redevenue compétitive.

Hier était un moment qui restera dans les annales. Même s’il ne changera pas le résultat, il va rendre la présidence Macron fragile comme du verre. Hollande a réussi à faire 5 ans car les français étaient médusés. Près de la moitié se réveille maintenant…

Frédéric Le Quer