Un ouzbek à Manhattan

Par Mercredi 1 novembre 2017 Permalink 4

Encore un attentat, cette fois à Manhattan, à la voiture bélier! Petits moyens et grand drame. De nombreux morts. Le mode opératoire dénote avant tout un état d’esprit, une façon d’être, véhiculé par une marque premium, Etat Islamique. Comme une fashionista aura son sac Hermès, comme la hype met à la mode un look improbable, EI est parvenu à définir une conduite chez les musulmans à travers le monde. Ils ont leurs codes comportementaux. Ils se reconnaissent entre eux. Les autres les reconnaissent comme tel.

Alors, leurs actes terroristes revendiqués ou non, quand ils ont un certain mode opératoire, font état d’une marque de fabrique, de l’assimilation d’un discours. Comme n’importe quelle multinationale, l’assise géographique est le monde entier. L’état a été réduit comme peau de chagrin dorénavant, mais l’ancrage territorial est tout à fait secondaire. S’il a été nécessaire au commencement pour témoigner de l’existence d’une pensée assimilable à une région du globe, il est devenu inutile quand elle s’est répandue chez les fidèles de Mahomet. D’ailleurs, il serait contre-productif de limiter l’islam à des endroits circonscrits. Pour être vraiment conquérante, la religion se doit d’être universelle. Hier à Manhattan, le tueur était ouzbek. Comment peut-on être ouzbek? S’écrieront tout ceux qui n’ont pas la moindre idée de là où ce trouve ce pays. Mais le type n’est ouzbek qu’aux yeux des occidentaux. Il est juste musulman pour les autres.

Les crispations sur les identités nationales sont essentielles et saines. Il s’agit de rejeter ceux qui ne se sentent pas du pays où ils vivent. Un musulman doit choisir entre être de sa religion ou d’une nationalité. S’il choisit le pays où il vit, il en fait automatiquement parti. S’il choisit sa religion et le droit coranique, il devient un tueur en puissance, un danger public.

Frédéric Le Quer