Un front syndical dépassé par la base

Par Mercredi 25 octobre 2017 Permalink 1

Toujours pas de front syndical commun, lors de la quatrième journée de mobilisation, le 16 novembre cette fois, avec Force Ouvrière, Jean Claude Mailly y étant obligé par sa base (il va raté son poste au conseil économique et social et sa retraite chapeau si ça continue!!!). 4 journées de manif en 2 mois! A quoi ça ressemble? La première, le 12 septembre, ( http://politiqart.com/les-faineants-place-ditalie/ ) avait été réussie mais cela n’incita nullement les syndicats à poursuivre alors qu’on sentait bien les gens partis pour accélérer le mouvement. Au lieu de créer un vrai mouvement populaire, ils se contentent d’une journée de défilé dans la rue par ci, par là, de manière totalement décousue, faisant perdre tout fil conducteur aux citoyens prêts à s’engager. C’est tout juste si les leaders syndicaux osent critiquer les ordonnances de la loi travail; ils préfèrent s’en tenir à fustiger vaguement la politique libérale du gouvernement et parfois aussi se fendent d’un texte de mise en garde, du genre « retenez-moi ou je fais un malheur! » que personne ne lit et qui part directement aux chiottes!

Et pourtant! Pourtant! La politique patronale du gouvernement risque de ne servir strictement à rien, en admettant qu’elle soit sincère, pour relancer la situation économique française. Si Emmanuel Macron n’a rien à craindre des syndicaux, le front macro-économique s’assombrit. Tous les cadeaux faits aux grandes entreprises et aux milliardaires vont diminuer les revenus de l’état et devront être compensés par la rigueur, cette rigueur qui fait payer tout le monde à l’exception des plus riches. Et pour quel résultat? Les économistes s’attendent à une vague de licenciements après les décrets d’applications précisant les ordonnances pour entraîner un gain de productivité, une baisse des coûts et in fine de meilleurs profits.

Mais cet aspect est franco-français. Au niveau mondial, les banquiers centraux ne cessent d’annoncer la fin des QE. La FED a commencé avec une prudence de sioux. Le retrait des liquidités distribuées entraînera au moins la récession sinon la dépression. Yellen, Draghi, Abe, les chinois, commencent à s’effrayer des milliers de milliards créer de nulle part. En même temps, ils hésitent à ne pas poursuivre dans cette voie, tant l’idée d’un retournement les terrifie. A cette échelle, les réformes de Macron ont zéro impact. Et seule cette échelle compte, on le voit avec le taux de croissance qui progresse actuellement et pour lequel la politique intérieure française n’y est strictement pour rien.

Alors la politique sociale d’Emmanuel Macron fait du mal inutilement et c’est encore plus dégueulasse. Le front syndical est incapable de protéger les citoyens. Le réseau associatif Entreprise et personnel consacré à la gestion des ressources humaines et au management des hommes et des organisations craint dans son dernier rapport un nouveau mai 68, époque où la aussi les syndicats étaient à la traîne des aspirations populaires. Sauf que là il ne se déroulera pas au cours des trente glorieuses…

Frédéric Le Quer