Tunisie et lutte contre les discriminations

Par Mercredi 16 août 2017 Permalink 1

Pour le monde musulman, la Tunisie est un pays en pointe pour l’égalité homme femme. Le 13 août dernier était la journée des droits de la femme, anniversaire d’un texte de lois appelé « code du statut personnel » dont le décret a été promulgué en 1956 qui régit les rapports homme-femme. A cette occasion, le président Béji Caïd Essebsi après avoir fait voter le mois dernier une loi contre les violences faites aux femmes, a souhaité établir l’égalité successorale et permettre le mariage entre une Tunisienne et un non musulman.

Si la question du mariage « mixte » devrait se régler vu qu’un tunisien peut parfaitement épouser une non musulmane, celle concernant le droit successoral est plus épineuse. Actuellement une femme peut hériter d’une part équivalente aux héritiers mâles que s’ils sont tous d’accord. Sinon le coran s’applique: Coran (4:11) – (Au sujet de l’héritage)  » Dieu vous prescrit d’attribuer au garçon une part égale à celle de deux filles. » Les sondages montrent que la population tunisienne est en majorité hostile à revenir sur cette discrimination. L’argument principal des plus conservateurs est le risque d’exciter les terroristes! Les islamistes sont néanmoins taclés par les féministes qui répliquent: « Ceux qui font valoir que le texte coranique est clair à propos de la loi successorale peuvent-ils nous dire pourquoi nous n’appliquons pas la peine qui prévoit qu’il faut couper la main aux voleurs ? Et pourquoi nous n’appliquons pas non plus les règles relatives à l’esclavagisme qui sont prévues dans le Coran ? »

S’il faut évidemment soutenir la volonté réformiste du président tunisien, comment ne pas être, en tant qu’occidental, éberlué par les problèmes sociétaux des pays du Maghreb? Avec de telles discussions pour le pays le plus avancé, comment ne pas comprendre le fossé sociologique qui est en France en train de se creuser de plus en plus profond entre les banlieues immigrées et le reste du pays? Le bikini des algériennes dont nous avons parlé la semaine dernière a fait long feu. La seule lueur d’espoir qui n’est peut-être pas rien, est que les familles qui retournent pendant les vacances dans leur pays d’origine le voit de plus en plus avec un regard critique. Un fossé se creuse entre franco tunisiens ou franco algériens ou franco marocains et tunisiens, algériens, marocains restés au pays. Si nous stoppions un peu l’immigration, chaque nouvel arrivant tirant vers le bas ses compatriotes, il y a une chance pour que ceux qui vivent sur notre sol s’intègrent.

Frédéric Le Quer