« Tout est au mieux dans ce monde »

Par Lundi 14 juillet 2014 Permalink 16

L’amour est surement le sentiment qui submerge chacun des commentateurs du monde comme il va, tant leur vision nous apparaît sous un biais si optimiste que même Candide à l’humeur teintée de bonté, d’espérance et de fatalisme, tout ça bien chevillé au corps, comme dirait l’autre, aurait du mal à rivaliser.

Le mauvais temps annoncé par une miss ou un mr (il y a maintenant des hommes) météo n’est que le signe précurseur d’un retour du soleil plus flamboyant que jamais.

Les embouteillages sur la route des vacances systématiquement exagérés fournissent l’incontestable  preuve de l’aisance des français.

Les crimes sordides et autres faits divers dramatiques ne sont là que pour permettre de décrire les circonstances du drame avec force détails en prenant bien soin de ne pas aborder des problèmes sociologiques inhérents à celles-ci que même un âne discernerait mais qu’il est préférable de taire par mesure de salut public et de paix sociale.

Si l’on discute des heures  sur les combattants « français » djihadistes, on peut quasiment oublier de mentionner que ceux-ci sont dans la quasi totalité des cas des arabes venus des territoires français d’immigration et s’ils ne le sont pas c’est que les anabaptistes ou les chrétiens partis combattre, qui viennent de ces mêmes territoires, se sont convertis à la foi musulmane pour s’intégrer à leur environnement, pour trouver du lien social. Les immigrés venus du Maghreb se définissent maintenant, ça n’a pas toujours été le cas, principalement par leur religion refusant du coup l’altérité ce qui aboutit à l’approche hégémonique qu’ils ont de leur culture. Se soumettre ou partir est le choix de ceux, devenus ultra minoritaires, qui ne viennent pas d’Afrique et qui vivent sur certaines terres françaises.

Les chiffres économiques bien sûr font l’objet d’un déni de réalité. Soit ceux-ci ne sont pas mentionnés du tout et c’est encore ce qu’il y a de plus simple; soit ils sont indiqués négligemment entre la poire et le fromage sans commentaire risquant de les mettre en exergue; soit enfin,plus subtilement, ils sont analysés pour nous expliquer qu’on veut bien faire un effort de pédagogie mais que l’on regarde ainsi dans le rétroviseur et que les résultats, à peine sortis,  sont obsolètes car la situation a beaucoup changé, en mieux naturellement, il ne peut en être autrement; alors,  présenté comme un expert, un suppôt du bureau de la propagande gouvernementale (quelque soit le gouvernement) vient savamment prêcher, promettre qu’on allait voir ce qu’on allait voir, que le mois prochain tout rentrerait dans l’ordre, un ordre harmonieux de croissance et de fiesta (les fêtes et les amusements de masse sont devenus le nec plus ultra du volontarisme politique!!!) honoré par un feu d’artifice où chacun pourra s’esbaudir devant la belle bleue, la belle rouge ou la belle jaune…

Ainsi va l’information, toujours là pour cajoler, pour rassurer, pour endormir. Devant un citoyen de moins en moins dupe l’éclairage devient grottesque et toute crédibilité perdue le monde des média s’esquinte à faire tenir un état déliquescent en voie rapide d’implosion.

Frédéric Le Quer