Tous les chemins mènent à Rome

Par Lundi 20 juin 2016 Permalink 1

La victoire à la municipalité de Rome du Mouvement 5 étoiles représenté par Virginia Raggi et à la municipalité de Turin comme il était normalement probable (voir article du 6 juin 2016 intitulé « Au tour de l’Italie de rejeter l’UE »), par delà le contexte italien, est riche d’enseignement pour le reste de l’Europe.

Après l’Autriche où le candidat souverainiste à le présidence s’est fait voler la victoire par l’européiste (le résultat fait déjà l’objet d’un recours en justice), l’Italie se rebelle et le président du Conseil Matteo Renzi qui tentait de se faire passer pour un eurosceptique pour embrouiller les électeurs n’a pas convaincu et ressort affaibli. Mais ce n’est pas que lui qui est affaibli, c’est toute la nomenklatura de Bruxelles qui s’acharne à gommer l’identité culturelle de chaque pays de la vieille Europe, quitte à l’appauvrir intellectuellement (pour ne pas parler du reste!), qui se voit discréditée. L’Europe n’a de sens que dans sa diversité, c’est son histoire, c’est sa grandeur.

En Grande-Bretagne, depuis trois jours après la mort affreuse de la députée britannique, Jo Cox, les médias, assez ignominieusement, se gargarisent d’un soi-disant changement de paradigme dans le corps électoral. Voter pour le Brexit serait ainsi cautionner l’assassinat. L’argument lamentable, non dit mais sous-jacent, explosera à la tête de ceux qui s’en repaissent. Ce n’est pas parce qu’on est contre l’UE qu’on est un nazi. A ramener le point Goodwin dès le commencement de toute discussion, ce sont les horreurs de la deuxième guerre mondiale qui sont banalisées et ceux qui agissent ainsi sont de dangereux apprentis sorciers.

Mais les peuples ne gobent plus les discours excessifs et les oukases de tous ces bien pensants. Au contraire, plus ils tentent de décrédibiliser leurs adversaires plus on se dit que ces derniers tant honnis ne peuvent surement pas être totalement mauvais! Dans une certaine mesure c’est ce qui se passe en France actuellement. Tout le monde se fiche de la CGT, syndicat déconsidéré favorisant le communautarisme islamique. Mais la centrale grâce à son intelligent secrétaire a su habilement représenter tous les anti systèmes et engrange derrière elle l’accord de la majorité silencieuse, celle qui ne va pas aux manifs et qui ne va pas toujours aux urnes. De la loi travail, les français n’en veulent pas et le gouvernement en s’entêtant n’est plus très loin de sauter.

On assiste en ce printemps 2016 à un profond mouvement, une lame de fond qui est en train de bouleverser la géo politique continentale. Elle est partie de Hongrie et de Pologne, elle se dirige vers l’ouest en passant par l’Allemagne avec les succès électoraux d’Alternative fur Deutschland et Rome maintenant. L’espoir renaît.

Frédéric Le Quer