Tous derrière les frappes aériennes

Par Jeudi 26 novembre 2015 Permalink 4

Les députés viennent de voter comme un seul homme la prolongation des frappes aériennes en Syrie. Quand on dit Syrie, cela veut certainement signifier aussi Irak étant donné que d’imprécis bombardements français auraient tué 28 écoliers de cet ersatz d’état  (voir leblogalupus, article the war is over…). Si Israël avait eu ce genre de résultat à Gaza que n’aurions nous pas entendu dire? Pour ici, c’est le black-out total!

Donc à l’assemblée nationale, aucune ébauche de remise en cause sur le bien fondé de la politique étrangère menée n’était audible. La stratégie décidée par le gouvernement concernant des frappes aériennes répétées devrait pourtant susciter la contradiction car elle n’a rien d’une évidence incontournable. Elle nous entraîne vers une longue guerre au proche orient où il est déjà certain que l’occident n’en sortira pas vainqueur, comme d’habitude, et vers des répercussions sur le sol français qui aboutiront à la mort de centaines de citoyens. La controverse se devait d’être forte dans le cadre d’une démocratie vivante. Il n’y en eut pas. Nos députés se sentant tranquillement à l’abri ont joué les va-t-en guerre avec le plus grand sérieux, pleins de certitudes, parlant dans le vide de réintégrer tel ou tel pays (comme si cela dépendait d’eux!) dans des discussions que la France ne maîtrise absolument pas. Le seul intérêt était de voir les postures avantageuses et ridicules prises par ces pantins. Notre boutefeu national Manuel Valls a pu s’en donner à cœur joie! Après avoir critiqué la Russie tant et plus il y a seulement quelques semaines, il veut en faire maintenant son allié. Après avoir tout fait pour faire capoter un accord entre l’Iran et les Etats Unis, le gouvernement veut entendre maintenant la voix de Téhéran. Après avoir vu l’éradication de Bachar el Assad comme la priorité, il y a de cela quelques semaines encore, il sera bientôt le seul recours contre la barbarie. Barbarie, c’est comme ça qu’on dit au parlement pour ne pas stigmatiser l’islam…

Alors donc que tout le pays est soi-disant d’accord et uni derrière le chef de l’état (quelle scandaleuse fiction!), celui-ci souhaite voir pavoiser la Seine-St Denis où se tiendra la COP21 avec le drapeau tricolore aux fenêtres. S’il avait demandé le drapeau noir d’ISIS, il aurait eu une bonne chance de le voir, mais avec le bleu, blanc, rouge français, le monsieur rêve tout éveillé. Ce n’est d’ailleurs pas vraiment étonnant, il n’a rien compris à ce qu’était devenu le pays qu’il dirige.

Frédéric Le Quer