La timide conquête du pouvoir

Par Mardi 14 octobre 2014 Permalink 24

Le pouvoir en France est à ramasser. Un opposant d’envergure aurait déjà déposé François Hollande sans haine ni violence mais avec l’entier soutien d’un peuple en voie de décomposition, ayant perdu en même temps que ses racines, son identité, mais restant malgré tout en quête d’une personnalité percevant l’intégralité du drame national. Mais aucun politique connu n’est vraiment prêt à se baisser.

La liste des opposants avec suffisamment d’envergure personnelle pour envisager dans un avenir proche de diriger la France comprend Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Alain Juppé. A gauche, suite au quinquennat du président, leur conservatisme chevillé au corps risque de les décrédibiliser un bout de temps!

Marine Le Pen veut gouverner. Elle a concédé ce weekend une période de négociation avec l’Union Européenne pour changer la politique actuelle si elle arrivait aux affaires. La seule opposante souverainiste est aussi celle qui souhaite voir avancer les échéances électorales. Son passif reste un héritage familiale d’extrême-droite qu’elle tente de faire oublier par un entourage plus policé. Mais les ultra libéraux qui tiennent les grandes entreprises et les journaux (sur papier, télévisés, par internet) perçoivent historiquement son mouvement comme un dirigisme étatique qui les hérisse. Ses idées sur l’immigration sont en fait celles de la plupart des dirigeants européens à l’exception des français!

Nicolas Sarkozy n’a que lui comme projet et c’est un peu court. Il envisage la politique comme un showman avec des phrases courtes, des idées plates et quelques anathèmes pour faire bonne mesure. Les fans sourient, les autres sont médusés. C’est le degré zéro du débat public pratiqué par un politique qui vaut mieux que ça, dont on avait espéré beaucoup, mais qui ne s’est pas montré l’homme de la situation.

Alain Juppé s’évertue à montrer une hypersensibilité qui se marie mal avec un homme d’état ferme, réformateur, organisateur voire un peu despote. Avec l’age il semble devenu un mondialiste militant qui le fera adorer des médias mais qui effraiera l’électeur si jamais il comprend! Ce n’est pas sûr tant son image sera volontairement brouillée pour qu’il soit élu par… méprise!

Nos grands fauves, comme aiment à dire les entourages, ont les dents bien élimées. La femme est la plus conquérante mais malgré ses succès électoraux elle reste encore loin de la majorité. Sarkozy semble bien mal s’y prendre et Juppé a le charme de la nouveauté, la mémoire de l’électorat ne dépassant pas quelques années… L’un des deux sera probablement le futur président.

La France n’a rien à espérer. La sortie de crise économique tant prônée par François Hollande et les médias a fait long feu. L’enlisement est tel que ce n’est plus seulement la zone euro qui est menacée mais toute une construction européenne dont l’objectif d’amitié entre les pays dérive en une lutte sans merci à la vie, à la mort. Car c’est bien de mort qu’il s’agit maintenant, tant les nations débordées verront leur population, victime expiatoire de la guerre économique, sombrer dans la misère. La France, avec ses hommes de pouvoir décadents, ne peut actuellement envisager des lendemains heureux.

Frédéric Le Quer

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