Le swap des Etats Unis

Par Jeudi 18 décembre 2014 Permalink 29

Les Etats Unis ont hier réalisé un swap médiatique, Etat Islamique contre Cuba. L’animosité envers l’île des caraïbes devenait au fil du temps bien démodée. L’idéologie communiste en ruine, l’ennemi ne grandissait plus l’adversaire, au contraire, il devenait une incongruité rendant ridicule l’attitude du géant.

En revanche, « détruire l’Etat Islamique » est un défi autrement plus redoutable et véritablement à la hauteur. La lutte contre le terrorisme, menée depuis les attentats du 11 septembre, s’est révélée improductive. Barack Obama, qui en 2002 était opposé aux « guerres stupides », engage dorénavant des sommes énormes pour tenter de circonscrire l’avancée d’un islam conquérant malgré les échecs afghans, irakiens ou libyens. Mais l’idée semble plus de faire quelque chose à tout prix que véritablement obtenir des résultats. Les contre-productifs bombardements de la coalition en Syrie rapprochent par les dégâts civils qu’ils causent les forces anti Assad de l’Etat Islamique!

La prolifération d’armes dans la région souhaitée par le congrès américain met de l’huile sur le feu. Amnesty International parle d’actions « à tort et à travers » et s’offusque de la permission donnée « au gouvernement de ne pas tenir compte des conditions de sélection relatives aux droits humains pour fournir des armes et des formations militaires américaines à des destinataires en Irak et en Syrie. »

Toujours plus de terroristes et d’extrémistes sont, en terre arabe, prêts à affronter l’occident dont les objectifs stratégiques sont loin d’être clairs. Les bombes reçues galvanisent les islamistes; partout dans le monde une certaine jeunesse part rejoindre leurs rangs. Une guerre sans fin risque de se dérouler. L’Irak ou la Syrie sont des états en déliquescence auxquels ISIS veut se substituer. Violence, chaos, balkanisation sont pour le moment le bilan du déploiement de forces.

Il ne semble pas y avoir de politique cohérente derrière cette guerre. Si les scènes de décapitations diffusées à l’envi rendent l’opinion publique encore favorable à cet engagement militaire, son inévitable enlisement, la multiplication des théâtres de guerre (proche orient; Maghreb, Afrique subsaharienne…) sont une source de fragilisation qui débouchera sur une attitude de repli sur soi des Etats Unis.

Frédéric Le Quer