Suppression de l’impôt de solidarité sur la fortune

Par Mardi 10 octobre 2017 Permalink 2

Aujourd’hui débute la phase d’examen par la commission des finances de l’assemblée nationale du projet de loi de finances 2018. La réforme de l’impôt de solidarité sur la fortune qui deviendra un impôt sur la fortune immobilière est emblématique. Au dogme gouvernemental de la réduction des dépenses publiques se conjugue « des cadeaux fiscaux aux groupes âgés et fortunés qui ont déjà beaucoup prospéré ces dernières décennies », dixit Thomas Piketty.

Le cadeau fiscal de cet année consiste donc à ne pas comptabiliser les biens mobiliers (peut-être à l’exception des signes ostentatoires de richesse qui ne sont en fait que le haut de l’iceberg) dans la fortune des millionnaires-milliardaires. Leur richesse étant principalement constituée de cette sorte de patrimoine, c’est tout bénef! Non seulement les dividendes perçus sur les actions ne cessent de croître au point dans certains cas de piller ni plus ni moins l’entreprise support, mais dorénavant ce qui donne droit à ceux-ci, le capital, est sanctuarisé. Les dividendes devenant du capital, celui-ci n’en finit pas de grossir. L’exigence de sa rémunération pousse les entreprises à moins investir qu’elles le devraient, à emprunter compte tenu des taux très bas dont elles bénéficient, à diminuer constamment la masse salariale pour améliorer les profits. A l’évidence ce cadeau fiscal qui en lui-même ne crée pas cette situation mais tend simplement à l’accentuer encore, va à l’encontre d’une politique d’atténuation des inégalités. Les riches vont pouvoir devenir toujours plus riches et le fossé se creuser avec les autres. Les autres se sont ceux à qui ont demande de partager avec les plus pauvres, avec les migrants, avec la misère humaine. Toute cette masse de gens qui travaille tous les jours contre quelques milliers d’euros par an et à qui on prend le plus possible et qu’on culpabilise si jamais elle rechigne. On nivelle les revenus de la population et on crée une ploutocratie.

Supprimer l’impôt de solidarité sur la fortune est donc profondément injuste. On va renier sur des avantages dont tout le monde profite, pour en donner à ceux qui n’en ont pas besoin sous prétexte que leur argent ruissellerait sur tous les français. Le FMI et l’OCDE ont prouvé qu’il s’agit d’un mensonge, pire d’une contrevérité. Cette mesure du gouvernement révèle davantage si besoin était, le mépris qu’il a pour le peuple français.

Frédéric Le Quer