La souveraineté populaire bafouée

Par Lundi 25 août 2014 Permalink 32

La représentation nationale a trahi la souveraineté populaire en votant le traité de Lisbonne, copie conforme du projet de constitution européenne rejeté par référendum. Ce moment a été le point d’orgue d’un processus de transfert de souveraineté organisé depuis trente ans et qui perdure.

Les choix du pays réel sont bafoués par des dirigeants qui pratiquent le mensonge avec maestria. La perte de souveraineté de la France s’accentue chaque jour davantage, sans esclandre, insidieusement,  par petites touches comme avec un artiste pointilliste dont la peinture reste de près illisible mais qui dès qu’on se recule découvre toutes ses formes. La volonté de la représentation nationale est systématiquement de transférer le pouvoir toujours plus loin du peuple afin que celui-ci ne puisse plus agir dessus. Une tyrannie s’installe sans tambour ni trompette mais avec d’autant plus de force qu’elle n’est jamais avouée. Le simulacre de démocratie auquel on assiste est servi par un lavage de cerveau organisé par des média qui, pour leur très grande majorité, assènent avec obéissance une bonne parole officielle allant toujours dans le même sens, celui d’élites isolées imposant seules leur vue sur la politique de la nation.

Chez ces gens là être souverainiste est une tare, le mot est d’ailleurs devenu une insulte. Que le peuple français veuille décider  lui-même de l’avenir de son pays devient une incongruité! Alors que le pouvoir devrait être l’affaire de tous il est accaparé par cette caste d’individus qui font de la politique leur business et qui maîtrise l’art de se maintenir en place et de se coopter pour ne pas voir leur avenir suspendu aux aléas des urnes; les têtes changent rarement, les idées restent semblables, le choix électoral est un leurre.

Des problèmes traversent actuellement la sociétés française de façon particulièrement prégnante comme l’insécurité, l’immigration ou l’économie. Sujets tabous s’il en est où quand les statistiques ne sont pas interdites, elle sont rendues suffisamment absconses pour rebuter le citoyen. Par exemple un général de gendarmerie a récemment avoué devant une commission parlementaire que si les arrestations de délinquants avaient progressé de 4% les emprisonnements avaient diminué de 33%! Politiquement incorrect, l’homme a écopé d’une mutation sanction! Il faudrait aussi punir le maladroit qui a osé poser un genre de question qui pouvait amener une telle réponse! Autre exemple, aucune information ne circule concernant le coût de l’immigration dans le budget de la sécurité sociale. Des déclarations de médecins hospitaliers qui se répètent entre eux « ah, si les français savaient ça! » laissent supposer que les soins gratuits prodigués aux ressortissants du monde entier constituent un appel d’air dévastateur pour l’équilibre budgétaire. Le citoyen n’a là aussi pas le droit de savoir. Tout chiffre est catégoriquement interdit. Enfin autre exemple, le déficit budgétaire creusé chaque trimestre pour cacher la récession ou le PIB par habitant qui diminue régulièrement ne devront-t-il pas un jour nous interpeler sur les bienfaits d’une zone euro conçue pour nos voisins allemands plus que pour les pays du sud de l’Europe?Jamais une émission de télévision ou un grand journal national ne se permettront d’aborder la question autrement qu’en répondant dans le sens de la bénéfique avancée que constitue la monnaie unique.

D’autres décident à la place du peuple français. La démocratie est mal aimée. La trahison des politiciens est une règle. La nation doit pouvoir se protéger et la souveraineté  populaire en est le moyen. L’immigration de moins en moins contrôlée ou  les dictats économiques de  l’Union Européenne montrent clairement que le citoyen a perdu le pouvoir de choisir et de décider de son futur et de l’avenir de son pays. Si la noble idée gaullienne de la nation n’est pas remise au premier plan, la France, qui s’étiole déjà, finira par disparaître après mille ans d’histoire.

Frédéric Le Quer


 

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