Sionisme et engagement militaire

Par Samedi 28 novembre 2015 Permalink 4

Concernant la politique française au moyen-orient, beaucoup de français juifs ont tendance à faire l’amalgame entre sionisme et bombardement de la Syrie et de l’Irak. Autrement dit, ils semblent voir un rapport entre cet engagement militaire lointain et la sécurité d’Israël. Ils sont donc en général très favorables au recours de nos forces militaires à grande échelle dans la région.

Le raccourci est rapide, trop rapide. Les choix de Jacques Chirac et Dominique de Villepin en leur temps, privilégiant la diplomatie à la guerre, se révélèrent être les seuls ayant véritablement du sens. Si le reste du monde les avait suivi, la situation actuelle ne porterait pas les stigmates de la désastreuse politique étrangère de George Bush. Une guerre perdue d’avance ne sécurisera pas l’état israélien, au contraire. Elle renforce ses ennemis, plus bravaches que jamais, fait reculer ses alliés occidentaux risquant de s’esquiver si un jour il est question de défendre véritablement l’état. Plus aucun gouvernement ne veut envoyer ses soldats dans les ergs et les regs de ces territoires alors qu’il y a seulement quelques années les militaires venus d’Amérique et d’ailleurs y étaient en grand nombre. Les défaites répétées depuis l’Afghanistan retournent les opinions publiques.

L’occident ne comprend rien à ces conflits entre factions religieuses ou tributs. Il est grand temps qu’il laisse ces pays s’organiser eux-mêmes et cesse ses interventions post coloniales. Ses déstabilisations multiples et variées ne sont pas des solutions quoiqu’en dit François Hollande cherchant à se refaire une virginité en tant que commandant des armées après ses multiples échecs concernant la sécurité intérieur, l’économie ou l’Union Européenne. Avec aussi un premier ministre qui se targue avec fierté d’avoir une relation de confiance avec l’Arabie Saoudite, pays suppôt du terrorisme, la France n’a pas de diplomatie digne et n’est plus qu’à la remorque des Etats Unis et des contrats que les américains daignent lui laisser.

Assurer alors la sécurité à l’intérieur de ses frontières avec fermeté, en y mettant tous les moyens dont elle dispose, apporterait plus aux juifs français qui auraient ainsi une chance de retrouver leur liberté de circulation perdue, que ces frappes à Raqua qui n’empêcheront ni la dislocation du territoire français, ni les groupuscules terroristes à St Denis, Roubaix, Lyon ou Toulouse. Ces lointaines attaques permettent juste au président Hollande de se prévaloir d’une action sans trop se détacher de son électorat arabe à qui il n’ose pas clairement demander de choisir entre être soit d’abord français, soit d’abord musulman.

Un sionisme intelligent exige du discernement puisque c’est la pérennité du seul pays démocratique de la région qui est en jeu. Quand un jour une grande coalition se mettra à nouveau en branle contre Israël, il faudra à ce moment être présent à ses cotés car l’antisionisme est un antisémitisme honteux. Mais les gesticulations actuelles ne lui apportent rien et desservent certainement la sécurité de la France.

Frédéric Le Quer