Sené, Jean-Baptiste Claude (1748-1803)

Par Samedi 29 juillet 2017 Permalink 1

Jean Baptiste Sené est LE menuisier de l’époque Louis XVI, à l’égal de Jacob mais plus sobre, plus discret, plus « racé » pour reprendre le mot de Pierre Kjellberg dans son ouvrage de référence « Le meuble français ». Les sièges de Sené ont souvent été attribués à Jacob puisque, fournisseur attitré du Garde-Meuble royal, il lui était loisible de ne pas tous les estampiller. Les recherches permettent aujourd’hui de rendre à César ce qui appartient à César.

Jean Baptiste Sené prédestiné par sa lignée familiale à devenir ce qu’il devient, est reçu maître le 10 mai 1769. De son atelier 118, rue de Cléry, à l’enseigne du « Gros chapelet », sortent de nombreux sièges faits en collaboration avec des sculpteurs et des doreurs. C’est un travail d’équipe auquel Sené donne le la, grâce aux formes pures, robustes, vigoureuses qu’il impose. Son talent se situe dans ses proportions parfaites et un raffinement extrême, « sans éclats tapageurs ». En une, le fauteuil, visible galerie Gismondi, dénote « l’équilibre des formes, la finesse et le variété des décors ». Remarquez les petits chapiteaux ioniques en haut des pieds!

En 2011 la Bergère ci-dessous fit 247 840 € chez de Maigret svv à Drouot. Elle porte l’estampille de Sené et l’étiquette déchirée du doreur Louis-François Chatard.SAM_4107

La paire de bergères ci-dessous en bois doré et sculpté, dossier cintré, supports d’accotoirs à cavets, pieds fuselés fit 26 250 € chez de Baecque é associés ovv le 18 mars 2017. L’une est estampillée et l’autre pas.SAM_4108

Pendant la révolution, Sené continue de travailler et subit l’influence de l’anglomanie avec des sièges en acajou à dossier rond ajouré, un peu curieux. La chaise estampillée ci-dessous est un bon exemple, ornée d’épis de blé, de draperie et de deux faucilles, elle fit seulement chez Versailles enchères svv, le 14 avril 2013, 1 487 €SAM_4106

Frédéric Le Quer