Ségolène Royal et ses fausses mesures

Par Mardi 24 novembre 2015 Permalink 4

Ségolène Royal a hérité en 2014 d’un grand ministère de l’Ecologie. Depuis elle multiplie les approximations, les velléités et les renoncements. Attirée par les feux de la rampe, elle tentait hier d’affoler les foules sur le réchauffement climatique en faisant l’impasse sur le très urgent problème terroriste: résultat un bide monumental!

La ministre aime s’agiter à l’approche d’un micro et d’une caméra. L’un de ses tout derniers grands faits d’armes remonte à septembre dernier où elle annonçait à Bordeaux, particulièrement décidée : « A partir du 1er janvier 2016, il n’y aura plus aux caisses de sacs plastiques à usage unique, qui portent gravement atteinte aux écosystèmes de l’eau et des océans ». Et d’expliquer qu’elle avait fait plier la filière composée d’horribles pollueurs mais, promis juré, les stocks existants ne seraient même pas écoulés (on se demande d’ailleurs bien pourquoi à partir du moment qu’ils sont là). Elle en profitait pour louer sa formidable autorité qui avait résisté aux pressions de toute sorte. Alors que tout le mode s’attendait à voir sortir le fameux décret, absolument rien ne vint. La filière prise à contre pied était totalement désorganisée et alors que Ségolène Royal affirmait que sa brusque mesure allait permettre de développer « des industries de fabrication de sacs bio-dégradables et créer des emplois », elle avait surtout pour résultat immédiat de mettre au chomage technique les ouvriers des usines de plastic en France qui ne savaient pas à quel saint se vouer! Depuis il ne serait plus question, avec Emmanuel Macron mieux réceptif aux problèmes économiques concrets, que d’un décret d’application, pour la loi votée l’été dernier, au 1er juillet 2016 avec possibilité d’écouler les stocks! Bref, tout ce cirque n’est pas clair du tout et nuit pour rien à tous les travailleurs gravitant dans le secteur. L’idée n’est pas ici de défendre ou non l’usage des sacs en plastic mais juste de révéler l’incompétence notoire qui transforme une réforme du domaine écologique en  un casse-tête inutile pour ceux qui essayent encore de travailler en France. La dame voulait se montrer ferme et il en ressort un laxisme qui risque de faire affluer les sacs plastic du monde entier pendant encore de longs mois et de continuer à jeter dans l’incertitude les quelques usines françaises du secteur.

Il serait facile de parler des portiques ou des péages autoroutiers ou encore de sa théorie sur l’écologie non punitive dont il ne sort rien… Mais personne n’est jamais totalement mauvais! Son hostilité répétée envers l’aéroport de Notre Dame Des Landes montre que Ségolène royal peut aussi avoir des éclairs de lucidité.

Frédéric Le Quer