Le secrétaire au XVIIIe siècle

Par Samedi 13 septembre 2014 Permalink 17

La mixité intellectuelle règne dans les salons du XVIIIe siècle. Des femmes cultivées et intelligentes deviennent des interlocutrices dans les discussions savantes qui s’y déroulent. Le secrétaire, meuble féminin à l’inverse du bureau, apparaît vers 1745.

Né sous le règne de Louis XV, le secrétaire connaît une diffusion immédiate dans les hôtels aristocratiques ou les demeures bourgeoises. Classiquement il est composé d’un abattant, innovation servant de table à écrire, et de une ou deux portes. Il offre en général peu de place à la fantaisie, les montants étant nécessairement droit pour mieux laisser pivoter les vantaux. L’aménagement intérieur est fait de tiroirs et de casiers avec parfois des emplacements secrets. La hauteur d’un secrétaire est d’environ 1,50 m pour une largeur d’un mètre. Plus grands il devient encombrant et est moins prisé; en revanche les petits modèles sont courus. Il est décoré de marqueterie de bois précieux ou même parfois de vernis européen dans le gout des laques d’extrême-orient (voir article « Du laque au vernis Martin »). Les formes entièrement galbées sont le privilège des meubles de grande qualité. Il faut chercher leur inspiration dans le goût de l’époque pour la Chine. Violonés, profilés en arbalète les fabrications sont alors exceptionnelles.

Sous Louis XVI, le secrétaire à abattant voit son succès croître avec le rôle de la femme. Il est fabriqué en grand nombre. Marie-Antoinette en posséda plusieurs. Les rigueurs du style néoclassique s’adaptent bien à ce type de meuble. Deux sortes cohabitent que l’on reconnait surtout aux piétements avec d’un coté une espèce de socle évidé (style à la grecque) et de l’autre des pieds fuselés ou des pieds toupies. L’ornementation varie du discret placage d’acajou à la richesse parfois ostentatoire du bronze doré utilisé abondamment. Quelque soit le type, les petits modèles sont toujours plus appréciés. Des modèles inédits naissent comme le secrétaire dit à la guillotine qui est surmonté d’une petite armoire ou encore le spectaculaire secrétaire en cabinet avec un corps supérieur à abattant sur un piétement ressemblant à ceux des cabinets du XVIIe siècle.

Tous les grands ébénistes du XVIIIe siècle ont fabriqué des secrétaires. Une bonne attribution intelligemment justifiée vaut une estampille. Difficile de donner des exemples de prix tant l’écart est grand pour un secrétaire d’époque allant de mille à des centaines de milliers d’euros… Si le marché international enregistre des prix très élevés pour une production exceptionnelle, les fabrications plus communes peuvent être acquises actuellement à des prix intéressants.

Frédéric Le Quer


 

 

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