Sauvetage ou pas sauvetage grec

Par Lundi 10 août 2015 Permalink 23

Entre des informations indispensables sur les péripéties du club de football marseillais qui ne sont plus dorénavant l’apanage du journal L’Equipe mais de médias généralistes de moins en moins exigeants, les journalistes daignent relayer la bonne parole gouvernementale concernant les négociations du troisième plan de sauvetage grec: tout se passe au mieux dans le meilleur des mondes!

L’empathie de nos dirigeants envers la situation grecque n’est plus un secret pour personne. Aussi ceux-ci ne cessent d’insister sur le bon déroulement de discussions en passe d’aboutir et la presse, frappée par le syndrome Pravda, s’extasie dors et déjà sur l’accord en cours. « Négociations apaisées », « Optimisme sur un accord », « Des progrès dans les négociations », « Accord rapide » sont les qualificatifs choisis pour avoir l’air de rendre compte des énièmes tractations entre ce petit pays et le reste de la zone euro. Pour bien prouver que toute la France est sur cette même ligne, des reportages mettent en exergue l’afflux des touristes français venus passés leurs vacances en Grèce motivés par la solidarité vis à vis de la péninsule frappée par le mauvais sort! Élargir le débat pour mieux enfoncer le clou semble devenu la tactique privilégiée  pour faire croire en une unanimité restant à démontrer…

Pourtant le tableau ne semble absolument pas aussi idyllique que l’on veut bien nous le faire croire… Bien sur les allemands, toujours eux, il faut dire qu’ils ont compris que quand ils aidaient la Grèce, c’était moins d’argent dans leur caisse, les allemands, donc, plutôt que de parler d’un accord, pensent à un petit prêt relais qui serait accordé pour laisser le temps de parlementer au sujet d’une situation de plus en plus complexe. On est à des années lumières des signaux encourageants émis chez nous! Encore plus éloignés, les finlandais cherchent un moyen de se désengager d’un éventuel nouveau plan d’aide. Il s’agirait alors d’une formidable rupture de la cohésion et de la solidarité  entre les pays de la zone euro et d’une brèche creusée vers le rétablissement du droit des nations à disposer d’elles-mêmes dans le cénacle sclérosantde la zone euro.

Si rien ne nous sera épargné sur le changement d’entraîneur d’une équipe, ça n’engage pas à grand chose et abrutit opportunément les masses, il faudra bien s’accrocher pour avoir des infos un tant soit peu objectives sur la pétaudière européenne qui continue son show à l’abri des regards indiscrets.

Frédéric Le Quer