Le sabordage de l’Union Européenne

Par Mardi 7 octobre 2014 Permalink 15

L’euroscepticisme a longtemps été l’apanage des anglais. Depuis le traité de Maastricht, l’Union Européenne hérisse des européens de plus en plus remontés contre ses institutions. L’élargissement échevelé, le refus de protéger les peuples, les solutions toujours plus libérales face à la crise économique sont les arguments souvent mis en exergue.

L’élargissement de l’Union Européenne a  empêché l’approfondissement de l’axe franco-allemand. Non seulement la réunification de l’Allemagne a inexorablement déplacé ses intérêts vers l’est, mais la réunion constante de nouveaux pays a dilaté les liens forgés depuis De Gaulle et Adenauer et a créé des zones d’attachements plus naturelles en rapport avec l’histoire de chaque pays d’Europe. L’axe entre Paris et Berlin en a donc pâti, mais  l’occasion est devenue aussi moins belle de lier fortement, par exemple, les six pays fondateurs,  France,  Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg. Toutes ces adhésions ont compromis grandement ce qui aurait pu être une belle aventure communautaire.

L’espace Schengen composé de 26 états, fabriqué sans aucune harmonisation des politiques migratoires, sans convergences des politiques sociales rend tous les jours un peu plus suspect l’objectif réel de l’union. Les frontières aux limites de l’espace ne sont pas gardées. Les migrants arrivant en masse se dirigent vers le pays le mieux-disant socialement encouragés en cela par le pays par lequel ils sont arrivés pour s’en débarrasser. L’immigration est de fait incontrôlée et favorise partout les partis eurosceptiques poussés par le sentiment diffus des populations que non seulement elles ne seront jamais européennes mais qu’en plus les instances bruxelloises sont en train de détruire cette inclination naturelle des gens vers la fierté pour leur pays en dévoyant la nationalité.

La crise économique est le coup fatal porté à l’Union Européenne. Un soutien aux pays de la zone euro en difficulté a été concédé contre des mesures d’austérité qui les mettront à genou pour de longues années mais comme il leur a été  interdit de sortir du dogme de la monnaie unique… La faute de ces pays, des gouvernants, d’une opinion publique ignorante est énorme. Eux qui ont tant souhaité s’arrimer à l’Allemagne se retrouve comme dans la fable de La Fontaine telle une grenouille voulant se faire aussi grosse que le bœuf! Ils éclateront au final avec la zone à cause du chômage de masse qui sévit. Quand un grande partie de la jeunesse d’un pays n’a pas de travail c’est toute la vie d’adulte qui est compromise, c’est toute une vie qui est hypothéquée. La crise économique européenne saborde des millions d’existences.

Un regroupement de nations a vu le jour de façon disparate. Le monstre d’une Europe apatride s’est révélé. La crédibilité économique est complètement remise en cause. L’Union Européenne est, avec le traité de Maastricht, un échec retentissant. Pour que les soixante dernières année n’aient pas été pour rien il est grand temps de revenir calmement en arrière, tout renégocier et laisser aux peuples le droit de disposer d’eux-mêmes.

Frédéric Le Quer


 

 

15