Rupture conventionnelle collective

Par Mardi 9 janvier 2018 Permalink 4

Vous avez aimé le licenciement économique. Vous adorerez la rupture conventionnelle collective. Hier Pimkie, groupe de prêt à porter, espérait 208 départs de salariés, aujourd’hui, Peugeot envisage 1300 départs via la rupture conventionnelle collective dont les décrets d’application viennent d’être pris. Cette trouvaille des ordonnances Macron permet d’éviter les plans de sauvegarde pour l’emploi qui comme le nom ne l’indique pas ne sauvegardent aucun emploi évidemment mais permettent au salarié qui en subit les conséquences d’aller se battre aux prud’hommes pour récupérer un peu plus de tunes après avoir été viré. Dorénavant il s’agira de départs volontaires dont l’horizon reste néanmoins pôle emploi mais une fois le salarié parti c’est fini, plus de recours possible devant la justice. Et quand on lui dira de partir, compte tenu de ce qu’est le monde de l’entreprise, il aura bien du mal à rester!

Ce n’est pas un machin fait pour les petites entreprises avec des patrons dont les difficultés sont parfois même plus grandes que pour leurs salariés et qui se battent pour joindre les deux bouts. Non, la rupture conventionnelle collective est faite pour les grosses boites, celles qui versent aux dirigeants des salaires et des dividendes d’année en année toujours plus importants, celles dont les cours de bourse actuellement ne cessent de grimper grâce aux politiques non conventionnelles des banques centrales. On remarque d’ailleurs que tantôt le conventionnel permet aux plus riches de gagner plus en licenciant conventionnellement, et, tantôt le non conventionnel permet aux plus riches de gagner plus en faisant grimper leur patrimoine mobilier grâce à de la création monétaire. Conventionnel, non conventionnel, c’est toujours les mêmes qui en profitent et c’est toujours les mêmes qui trinquent.

Et pourtant qu’on se rassure! Il parait qu’une fois tous les gens virés dans la joie et la bonne humeur pour plonger dans la félicité que procure l’auto-entrepreneuriat, d’autres seront embauchés à foison dans le cadre de la flexibilité heureuse. Ah! Mon dieu quel bonheur! Arrêtons de rire, il n’y a vraiment pas de quoi. Macron prend les français pour des cons et il a raison. Ils viennent de voter pour lui et sont bien capables de recommencer. Masochisme, syndrome de Stockholm… On ne sait que choisir!

Frédéric Le Quer

PS: en une cac 40 sur 5 ans