Romantisme du XXIe siècle

Par Samedi 10 janvier 2015 Permalink 16

Le gigantesque pince-fesses, prévu dimanche dans les rues de Paris en réaction aux attentats terroristes, ne pourra rien contre le romantisme des figures déjà portées aux nues par une grande partie de la jeunesse des cités. Ces activistes religieux qui ont perpétré les crimes de la semaine écoulée, sont jeunes, beaux et tragiques. Ils ont tout pour alimenter cette mythologie en construction concernant la conquête de l’occident par le monde musulman.

Il s’agit actuellement d’une lutte civilisationnelle avec des agresseurs et des agressés. Si l’attaquant est sublime, empreint d’une mystique révolutionnaire et conquérante, la vieille Europe,  arthritique, trop sage, trop bienveillante figure un passé révolu, sans projet épique, sans espoir mirifique. Le confort « bourgeois » qu’elle suggère, marqué aussi par la dureté de la vie et des inégalités quasiment indépassables, est en totale contradiction avec le culte du combat, du corps, de la sauvagerie épique que personnifie les djihadistes en guerre en territoire impie.

Le paradoxe est de taille. Une religion, dont l’archaïsme n’est plus à démontrer, qui dans tous les pays où elle est implantée est synonyme d’intolérance, de répression, de population miséreuse et inculte, avec laquelle toute pensée un peu originale se retrouve vite proscrite, où l’égalité entre les sexes est systématiquement bafouée, voire réprimée, où la haine des juifs est une vertu, cette religion, donc, devient l’accomplissement indépassable d’individus en mal de destin bouleversant provoquant une émotion d’autant plus profonde qu’elle est tue, cachée, chez leurs coreligionnaires.

La paresse intellectuelle, dont l’islam se contente, peut être une explication. Chacun s’y love sans effort, sans avoir à donner de preuves théologiques, presque naturellement tant une croyance partagée est rassurante et crée du liant entre chaque personne de la communauté. Mais il y a aussi cette paresse intellectuelle de nos dirigeants oublieux de leur propre pays, ignorants de sa population, inconscient de son désespoir. Incapables d’appeler les choses par leur nom (le refus de prononcer le mot islam de la part de Hollande ou de Sarko en est un bel exemple), ils font le lit d’un obscurantisme religieux qui se croit légitime parce qu’il est le plus fort, le plus fort car chacun se rend compte que les grandes messes populaires ont quelque chose d’émasculé qui n’est évidemment pas à la hauteur du défi rencontré.

L’exaltation, le romantisme exacerbé d’une partie de la jeunesse vivant en France sonne le glas de la civilisation occidentale. La tragédie ne fait que commencer.

Frédéric Le Quer