Robert Antoine Pinchon (1886-1943)

Par Dimanche 14 janvier 2018 Permalink 1

La juxtaposition de touches de couleurs pures, la représentation stylisée et peu réaliste des formes et des corps, l’intérêt pour les sujets tirés de la vie moderne (industrialisation ou divertissements populaires), bref, tout ce qui caractérise le postimpressionnisme est la grande affaire de l’oeuvre picturale de Robert Antoine Pinchon. Il fait partie de la deuxième génération des peintres de l’école de Rouen. Dès 19 ans sa carrière est lancée lors d’une exposition chez Legrip, « le père Tanguy des impressionnistes rouennais » dixit la Gazette Drouot. L’industriel normand François Depeaux lui fait rencontrer Albert Lebourg et même Claude Monnet qui l’adoubent comme coloriste. Avec de telles lettres de noblesse les expositions de ses tableaux vont tout au long de sa vie se multiplier et même la première guerre mondiale dans laquelle il est enrôlé et blessé, n’arrêtera pas le succès d’une création artistique résolument en marge des mouvements majeurs qui animent la première moitié du XXe siècle, cubisme expressionnisme, surréalisme…

Robert Antoine Pinchon n’a jamais été oublié. Des noms de rues en Seine Maritime rappellent aux passants son travail et le musée des beaux arts de Rouen expose ses toiles. Du coté des enchères sa cote se maintient bien sans faire d’étincelles mais le rendant accessible à la bourgeoisie normande qui le convoite en général. En une, le 13 avril 2015 à Cherbourg, chez Boscher enchères svv, « Les coteaux de St Adrien » 73 x 100 cm, était prisés à 29 500 €. Ci dessous, la toile intitulée « le 11 novembre 1919 à Lisieux », 60 x 73 cm approchait chez Salle de vente de Chinon svv, le 27 mai 2015, les 16 000 €.SAM_6049

Citons, dans la même gamme de prix, pour 16 000 € tout juste, ces « falaises de Varengeville », ci-dessous, qui comme le précédent tableau nous rappelle Monnet, 65 x 92 cm, vendues à Rouen chez Bernard d’Anjou svv le 12 avril 2015.SAM_6051

Finissons par cette oeuvre, à mon avis la plus intéressante, ci-dessous, d’influence fauve, « La carrière, Amfreville-la-Mivoie, reflets », 45 x 61 cm qui à Rouen chez Hotel de vente de la Seine ovv était estimé entre 15 000 et 20 000 € lors de la vacation du 18 juin 2017.SAM_6053

Frédéric Le Quer