Renzi, après Hollande

Par Lundi 5 décembre 2016 Permalink 3

Et de deux! Après François Hollande, c’est au tour de Matteo Renzi de renoncer au pouvoir en l’espace de quelques jours. Ce point commun en cache un autre, plus important, plus révélateur des milieux dirigeants européens, à envisager à l’aune des avantages matériels que les politiciens se sont octroyés sur le dos des citoyens. Dans les deux cas, ces hommes ont été trahis par les leurs.

Avec le président français, il y eut d’abord Montebourg et Hamon, puis Macron et enfin Valls. Tous ces Caïn sont menés par la volonté de ne pas sombrer avec leur leader. Guère différents de François Hollande, ils se démarquent de la personne bien que, sur le plan intellectuel, ils soient incapables de proposer une autre voie pour la France. L’important pour eux est de sauver les meubles, sauver leur carrière, sauver leur misérable ego. Qu’importe l’intérêt supérieur de la nation! La seule chose supérieure pour eux c’est eux-mêmes. Leur bonne fortune les place au-dessus du lot. Ils veulent à tout prix y rester. Ce n’est pas là une défense de Hollande: à leur place il aurait fait la même chose. C’est juste la dramatique description d’un milieu politique qui a perdu le sens du bien commun pour ne garder que le sens de son intérêt personnel.

En Italie, c’est pareil! Matteo Renzi a été trahi par son parti, le parti démocrate, multiforme idéologiquement, classable au centre gauche comme notre parti socialiste. Il prend le pouvoir avec une très large approbation des italiens en 2014 et sous les acclamations de ses compagnons de route . Au soir de sa défaite, il déclare en parlant de son parti qui n’a cessé de lui mettre des bâtons dans les roues pendant la campagne, ayant trop à perdre par cette réforme supprimant, entre autre, les deux tiers des sénateurs: « Je ne pensais pas qu’ils pouvaient tant me haïr! » Le mot haïr est bien choisi; il y a deux ans, ils l’aimaient car il leur délivra pouvoir et argent! Beaucoup de naïveté chez Renzi qui a du mal à comprendre que ses alliés d’hier préfèrent remettre les clés de l’Italie à Beppe Grillo plutôt que de perdre en masse leur prébende. Leur sinécure lucrative était menacée par sa réforme.

Ces hommes politiques se fichent pas mal de là où va leur pays du moment qu’ils continuent à s’enrichir. Tous ces partis, dits de gouvernement, méritent la désintégration qui leur pend au nez. Ils font eux-mêmes le lit des partis appelés populistes que le peuple n’a strictement rien à perdre à essayer. Souhaitons que nos politiciens rancis n’y trouvent pas leur compte!

Frédéric Le Quer