Renault

Par Vendredi 15 janvier 2016 Permalink 9

Le titre Renault a plongé hier de 22% avant de reprendre une partie de ses pertes à la clôture. En début d’année 2008, l’affaire Kerviel avait fait dégringoler la Société Général et le lampiste lourdement condamné servit à exonérer la direction de la banque de ses responsabilités. Cette affaire correspondit aux prémices de la crise financière. L’analogie vient donc à l’esprit. Ce début d’année, après l’été annonciateur comme en 2007 d’une crise à venir, n’a jamais été aussi mauvais sur les marchés des capitaux.

Après l’affaire Volkswagen, l’affaire Renault montre que ses moteurs émettent 3 à 5 fois plus  de CO2 et d’oxyde d’azote qu’ils le disent dans leurs pubs (une VW c’est plus de onze fois), mais qu’eux n’ont pas installé de logiciel pour embobiner les contrôleurs, ayant juste inventé des chiffres qui ne tiennent pas debout! Non sans ironie, leur service de communication déclare que les équipes du groupe coopèrent pleinement avec la commission Royal. Ils insinuent donc que tous ces mensonges sont « à l’insu de leur plein gré » comme dirait un célèbre coureur cycliste, et qu’ils cherchent avec la ministre à comprendre ce qui arrive à leurs moteurs… Là encore, on pense à l’affaire Kerviel et à l’attitude de la banque qui fit semblant de n’être au courant de rien!

Même s’il est curieux de voir un groupe français se voir démolir de la sorte par le gouvernement, mais la commission de Bruxelles est surement derrière tout ça, les multinationales continuent de se moquer éhontément des citoyens pour engranger les profits. Prises la main dans le pot de confiture, elles font mines de ne rien savoir, crient leur bonne foi la main sur le cœur et jure d’aider à la résolution de l’invraisemblable problème. Société Générale, il y a 8 ans, Volkswagen, il y a 3 mois, Renault hier et beaucoup d’autres partout dans le monde font comme si elles étaient trop grandes pour connaitre tout ce qui se passe en leur sein. De deux choses l’une: soit c’est vrai et il faut de toute urgence que le pouvoir politique leur impose de se scinder jusqu’à ce qu’elles soient capables d’avoir une vue exhaustive sur leur entreprise, soit elles savent et elles mentent en se sentant bien supérieures  aux états. Evidemment la deuxième solution correspond à un défi au système de la démocratie occidentale.

Les ressemblances entre 2007-2008 et 2015 -2016 deviennent troublantes. Si comparaison n’est pas raison, l’histoire bégaie parfois!

Frédéric Le Quer