Régionales: l’occasion d’une révolte démocratique

Par Vendredi 4 décembre 2015 Permalink 4

Dans deux jours la France sera invitée à aller voter aux régionales. Une élection en décembre, cela faisait longtemps. Les sondages sont unanimes pour donner la victoire au premier tour au Front National. Mais pour ce qui est de prendre la présidence des régions, rien n’est encore fait car personne ne sait contre qui exactement le parti aura à se battre.

Dans un contexte où les différences programmatiques entre le Parti Socialiste et les Républicains (pour ne citer que les 2 grands) disparaissent pour ne laisser place qu’à des querelles d’ego, l’entre deux tours sera propice à de multiples combines entre les états-majors pour que les deux partis continuent à se partager le gâteau. Le PS tentera de pactiser avec LR. Les appels du pied viennent de partout, même de Martine Aubry!  Nicolas Sarkozy ne veut aucune alliance avec la gauche mais dimanche soir, c’est au pied du mur qu’on verra le maçon et des gens comme Alain Juppé ou François Barouin pensent exactement l’inverse.

Les électeurs dans un scrutin de liste à deux tours ne sont pas au centre du jeu politique. Les partis en revanche sont maîtres des configurations que prendront des assemblées régionales dont par dessus le marché un flou complètement antidémocratique enveloppe leurs futures compétences. Et quand il y a un flou, c’est qu’il y a un loup, dixit Aubry parlant de Hollande. Comment ne pas penser que selon les vainqueurs, les prochains décrets accentueront ou non la puissance de ces régions?  Le gouvernement ne préférera-t-il pas avantager les conseils généraux qui sont tous restés aux mains umps? Décidément, dans ce vote, rien n’est très clair et les français sont baladés…

Mais il reste la possibilité de crier son désaccord avec le monde comme il va, dans une sorte de sondage grandeur nature. La colère doit s’exprimer face aux échecs économiques. La révolte doit se faire sentir face à l’insécurité dans laquelle la France est plongée. Quand les médias font voir le terrorisme comme une fatalité, il est bon de se demander si ce n’est pas simplement une façon de dédouaner les gouvernants de leur laxisme et de leur incompétence. Il parait que les classes populaires ne se déplaceront pas dans les urnes. C’est entièrement faux. Ce sont les classes issues de l’immigration assimilées abusivement aux classes populaires pour entretenir le flou, encore et toujours, qui voteront peu car la démocratie occidentale est loin d’être ancrée dans leur culture. Mais les socialistes comptent sur eux et Ségolène Royal leur lance des œillades à peine voilées!  Voilées, je n’insiste pas…

Les résultats des élections régionales ne changeront pas la vie des français. Les citoyens pourront cependant dépasser ses enjeux pour faire connaître leur point de vue vis à vis du terrorisme, du chomage de masse, de la mondialisation et du creusement des inégalités. S’il est bien tranché, peut-être influera-t-il un peu sur la politique du pouvoir en place…

Frédéric Le Quer