Régionales 2e tour

Par Lundi 14 décembre 2015 Permalink 4

Les élections régionales ont tiré leur révérence. Tous les commentateurs ignorent aujourd’hui le matraquage médiatique qui a permis d’obtenir les résultats que l’on sait. Sur ordre, rien ne rappelait, ni encore moins ne commémorait, hier, le mois tout rond qui nous séparait des attentats de Paris. Organiser l’oubli, quand ça arrange, pour permettre de célébrer la perpétuation des élites est devenu une méthode de gouvernement à laquelle le peuple se soumet. Chut! Il vote.

« Le risque Front National » a une nouvelle fois été écarté. L’ensemble UMPS en sort gagnant mais curieusement LR d’un coté et PS de l’autre n’ont guère de quoi pavoiser. Le vote n’a pas éclairci le jeu politique, au contraire, les lignes à suivre pour 2017 se révèlent de moins en moins lisibles. François Hollande garde ses chances, par mégarde, sur un quiproquo, il pourrait rempiler 5 années. Nicolas Sarkozy ne crée aucune envie sur sa personne mais faute de mieux lui aussi pourrait redevenir président. Alain Juppé, l’homme du consensus mou, se fait bien battre dans sa région et, dans le style tout le monde il est beau tout le monde il est gentil, l’électorat a préféré l’original à la copie et a voté socialiste.

Les experts médiatisés vont maintenant rabâcher d’un air docte que les bulletins Front National dans les urnes correspondent à la carte de l’ancienne France industrielle où les emplois sont supprimés sans voir revenir de nouvelles entreprises. C’est une manière d’expliquer que voter FN est une question d’argent! Ces mêmes analystes oublieront la région PACA qui est riche. Ces élections régionales ont montré que l’adhésion à Marine Le Pen est le fait de gens non pas dans la misère matérielle et intellectuelle comme on aime les présenter pour les rabaisser, les partis de droite ont beaucoup bénéficié du vote utile de la part de ses électeurs au 2e tour pour faire barrage à la gauche, mais elle vient d’individus se sentant principalement menacés dans leur culture, leur mode de vie. Y être attaché n’est pas honteux, c’est même un honneur. Comme ils voient le parti socialiste emporté par la mondialisation à l’échelle économique et migratoire, ils pensent que la droite les en protégera un peu mieux. Après avoir choisi selon leur cœur au premier tour, ils vont vers celui qui a le plus de chance au deuxième.

Cependant dédouaner le Front National de son échec serait trop facile. Il a bien fait le ménage dans ses idées, même si les sorties antisémites de Jean Marie Le Pen ou les prises de position inutiles sur le planning familial de Marion ont coûté très cher, mais il n’a pas été assez loin. Ce parti doit changer de nom d’abord, pour se trouver des alliés ensuite. Ils sont possibles car le souverainisme agrège des gens divers. Tant qu’il tergiversera avec des dénominations comme mouvement bleu marine, il ira d’échecs en désillusions. Si rien n’est fait dans ce sens les présidentielles de 2017 sont déjà perdues pour lui.

Frédéric Le Quer