Référendum italien et invasion migratoire

Par Samedi 19 novembre 2016 Permalink 1

Dans deux semaines, les italiens répondront par référendum à la question de leur président du conseil concernant principalement la réforme du sénat aux pouvoirs actuellement strictement égaux à ceux de l’Assemblée Nationale que Matteo Renzi voudrait voir diminués comme ceux existant en France, par exemple. Il souhaite par la même occasion diminuer le nombre des sénateurs de plus de trois cents à une centaine. Après plus de soixante gouvernements connus par le pays depuis 1945, la réforme pourrait sembler louable, sauf qu’elle arrive bien trop tard.

Ce qui par le passé exaspérait les italiens, n’est dorénavant plus que des broutilles. Angela Merkel et son signal migratoire vis à vis des pays d’Afrique et du moyen-orient sont devenus les points essentiels qui préoccupent les transalpins. Ces derniers veulent dire non à l’Europe telle qu’elle est actuellement et ne veulent pas se priver de la parole qui leur est laissée à contre-cœur puisque si Renzi avait eu les deux tiers des députés et sénateurs réunis en congrès favorables à sa réforme, le peuple n’aurait pas eu voix au chapitre.

Jusqu’à présent cette année, près de 159.500 migrants sont arrivés en Italie, soit 13% de plus qu’il y a un an. Rien qu’au mois d’octobre, ils étaient toujours d’après Frontex, près 27.500 migrants, principalement des Erythréens et des Nigérians, à atteindre les côtes italiennes. C’est le nombre mensuel le plus élevé jamais enregistré dans la Méditerranée centrale et deux fois plus important que le mois précédent. A n’en pas douter, beaucoup débouleront en France, mais en attendant, ils errent dans la botte!

Peut-être que la réforme voulue par Mattéo Renzi est louable. Le problème réside néanmoins dans le fait qu’en lui donnant raison, l’électeur plébiscite aussi Bruxelles, deus ex machina, de ce changement constitutionnel. De ça, il n’en est pas question. L’exaspération italienne est à son comble et bien que le président du conseil s’en fasse l’écho, il est bien trop mal placé pour être crédible. Les journalistes vont encore analyser sa probable défaite comme une rébellion à l’encontre des élites alors qu’il s’agit d’une révolte identitaire du peuple contre ce que veut faire l’oligarchie de son pays.

Les élites sont attaqués partout non pas parce qu’elles sont les élites, mais à cause de ce qu’elles laissent faire concernant les flux migratoires. La situation n’est pas celle de la révolution française, où il suffisait d’être noble pour être guillotiné. Si en France par exemple François Fillon, représentant de l’élite, s’il en est, est en bonne position dans les primaires, c’est uniquement grâce à ses prises de position vis à vis de l’immigration. Tant que les dirigeants ne comprendront pas que l’invasion actuelle est de la nitroglycérine, ils seront déboulonnés les uns après les autres.

Frédéric Le Quer