Rapprochement entre le monde juif et chrétien

Par Dimanche 11 décembre 2016 Permalink 1

Après les Etats-Unis, l’Europe connait une reconfiguration des alliances qui se nouent entre confessions religieuses. Une partie du monde chrétien et le monde juif s’allient dorénavant pour résister au caractère invasif de l’islam.

Concernant les protestants, les liens sont anciens, ce sont ceux de l’immigration des juifs d’Europe centrale et de l’Amérique garante de la sécurité d’Israël. Si la présidence Obama les a relativisés, la population en élisant Trump a montré sa réticence envers un rapprochement marqué avec des pays du golfe persique foncièrement opposés aux valeurs occidentales. « I think islam hate US », déclare le nouveau président. Et c’est aussi ce que pense le monde protestant européen, du Royaume Uni anglican à la Hollande calviniste. Geerts Wilders bien que condamné systématiquement par la justice de son pays voit sa base électorale sans cesse progresser. Il revendique des liens étroits avec le Mossad. Il s’est rendu en Israël une quarantaine de fois au cours des 25 dernières années.

Les orthodoxes menés par Poutine et les israéliens menés par Netanyahu se rapprochent de plus en plus. Les liens historiques entre les populations se renforcent par des échanges diplomatiques entre deux chefs d’état de la même trempe. Le triangle en train de se former entre Tel-Aviv (ou bientôt Jérusalem?), Washington et Moscou changera complètement la donne au moyen-orient et laissera la diplomatie européenne et particulièrement française sur le carreau.

Les catholiques, enfin, voient leur hiérarchie se déconnecter de la base. Le Pape Benoit avait parlé en 2006 à Ratisbonne, des racines juives, grecques et chrétiennes de la foi de l’Europe, expliquant en quoi elles différaient du monothéisme islamique. Le pape a cité l’empereur byzantin, Manuel II Paléologue : « Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l’épée la foi qu’il prêchait ». Depuis ces propos polémiques, le Vatican ne cesse de s’excuser en cherchant « des accommodements politiques avec les États islamiques et renonçant à toute condamnation publique des islamistes et de l’idéologie djihadiste », dixit un cardinal. Le pape François laissera l’image de sa faiblesse répétée envers l’Islam. Il a même nié qu’il soit violent en soi. Les catholiques français attendent en vain sa visite à St Etienne du Rouvray. Encore une fois le Vatican est à coté de la plaque et à coté de ses fidèles. Néanmoins de plus en plus de cardinaux et évêques rappellent l’enracinement de l’Eglise dans le peuple d’Israël et témoignent de l’unité fondamentale de l’Ancien et du Nouveau Testament souhaitant par là une guérison et une réconciliation en profondeur entre juifs et chrétiens.

Ces mouvements, dans ce siècle si spirituel, n’en sont qu’à leur commencement. Les questions démographiques que mettent en avant les organisations internationales pour justifier notre envahissement, ne pèseront bientôt plus rien par rapport aux valeurs judéo-chrétiennes menacées de disparaître dans l’Union Européenne. C’est tout de suite qu’elles doivent être défendues.

Frédéric Le Quer