Rapide histoire de l’avidité et ses conséquences

Par Jeudi 3 novembre 2016 Permalink 1

Tout commence avec l’avidité, démesurée et d’autant moins contrôlée que les politiciens la partage avec les financiers. Le « Gread is beautiful » en exergue des films hollywoodiens entraîne la crise de la dette. Prêter pour faire consommer des gens qui n’en ont pas les moyens est l’idée moderne de l’enrichissement, non pas de ceux qui achètent à crédit bien sûr, mais de ceux qui fabriquent et de ceux qui prêtent.

Evidemment vient alors l’incapacité de rembourser de la part des débiteurs. Les créditeurs devraient théoriquement succomber mais le système les a tant faits croître que si les états encore solvables ne leur viennent pas en aide, ils failliront avec ce secteur privé too big to fail ou to jail. Alors les états s’endettent à leur tour comme ces consommateurs impécunieux qui n’en avaient pas les moyens mais qu’on a socialement obligé à emprunter.

Mais très vite les seuls vraiment partant pour prêter à ces états surendettés sont les banques centrales qui fabriquent la monnaie. Comme elles créent cette monnaie la valeur de la dette augmente considérablement. Il n’y a plus de raison pour qu’elle ne soit pas remboursée vu que l’argent pour ce faire est fabriqué de toute pièce. Mais la dette à force de se valoriser, à force de valoir chère fait que l’argent vaut moins beaucoup moins, au point qu’un prêteur en récupère moins après l’avoir prêté.

Alors on touche aux limites de la combine. Toute épargne ne peut que tendre vers zéro. Si cela arrange les états qui n’en n’ont pas, les banques too big to fail, to jail sont fragilisées à nouveau à cause des taux négatifs (Les bénéfices d’UBS par exemple viennent de plonger de 60%!). D’abord, il y a les écarts de taux sur lesquels leur business est basé en grande partie qui n’existent plus vu qu’ils sont tous au ras des pâquerettes. Et puis il y a le problème de la thésaurisation. Plus on donne de l’argent à une banque, plus elle en perd. Le cas des banques allemandes est révélateur car elle ne peuvent pas en rendre moins, c’est une affaire de maintien de la confiance chez celui qui a de l’argent, elle ne peuvent pas tout répercuter au client.

Les Greenspan ou Bernanke ne sont pas des imbéciles et avaient vu le coup venir. C’est alors là qu’intervient la politique étrangère depuis 15 ans, celle qui met le foutoir dans les pays arabes, et en Afrique. Il suffit d’une pichenette pour déstabiliser ces ersatz d’état. Alors personne n’hésite. Leur population ne cesse d’augmenter. Elle est jetée dans l’insécurité. Leur misère croit. Inéluctablement elle se dirige vers l’Europe et les politiques insouciants du lien social l’accepte en masse pour générer des taxes, pour éviter le vieillissement, pour au cric démultiplier la population et s’en servir pour palier les politiques des banques centrales qui ne peuvent pas aller plus loin sans risquer la perte de confiance envers la monnaie et une inflation zimbabwéenne.

On en est là. Le coup à jouer est difficile car il fait fi de l’histoire, il fait fi des peuples, il fait fi des nations. S’il est réussi l’Europe récupérera la population africaine et moyen orientale et deviendra musulmane en étant parsemée de quelques minorités rappelant les temps passés. L’avidité des plus riches pourra continuer à être comblée. S’il échoue, la guerre civile est inéluctable, une récession économique gigantesque aussi. Mais les valeurs de l’Europe, sa civilisation valent bien une messe…

Frédéric Le Quer