Qu’arrive-t-il à l’Allemagne?

Par Jeudi 29 septembre 2016 Permalink 3

Est-ce que le problème des allemands n’est pas justement l’Allemagne? Deutschland über alles! Il y a seulement deux ans, le pays surfait sur la vague de la prospérité, sur la vague de l’identité germanique heureuse, sur la vague du consensus national autour d’Angela Merkel alias Mutti. Terre matriarcale de liberté, l’Allemagne était l’exemple type d’un pays occidental riche et sûr de sa force.

Depuis, le gouvernement allemand a écouté quelques oiseaux de mauvais augure leur prédisant le pire à cause de leur démographie et a cherché à endiguer immédiatement ce pire prévu pour dans quelques décennies. Des démographes de malheur ont fait peur à des dirigeants pour qui tout allait trop bien. L’islam entre dorénavant par la grande porte. Le pays se décompose culturellement incapable de s’accommoder des nouveaux entrants et ré-ouvrant le fossé mal refermé entre allemands de l’ouest et allemands de l’est. Alors les gens tentent d’exprimer leur ressentiment à un pouvoir se crispant et devenant de plus en plus sourd. Face à la montée en puissance du parti AfD et à la crise de confiance qui frappe le gouvernement fédéral, les autorités allemandes ont déclenché un vaste programme de censure des réseaux sociaux. Des centaines de milliers de commentaires de citoyens allemands sont supprimés. La répression intellectuelle bat son plein pariant sur le fait que si le mécontentement ne s’entend pas, il n’existera pas.

Dans le domaine financier, un cataclysme s’annonce dans l’indifférence totale de nos médias pressés de ne surtout rien dévoiler. Le cour boursier de la Deutsche Bank s’effondre avec la crainte de sa faillite qui s’accentue. Une sombre histoire d’exposition à des produits dérivés sur les pays émergents délectera les économistes une fois qu’il sera trop tard comme d’habitude. En attendant Angela Merkel a pris le parti de ne pas aider sa banque soutenue en cela par Schauble son ministre et Weidmann le président de la Bundesbank. Cette gigantesque entreprise bancaire devient donc un bateau ivre qui ne pourra compter que sur ses actionnaires (l’action a perdu environ 50% depuis le début de l’année!), ses créanciers et ses déposants. La question qui vient immédiatement à l’esprit est pourquoi Merkel refuse l’idée d’aider sa banque systémique. Par entêtement? Pour prouver à Renzi ou à Rajoy qu’elle s’applique à elle-même ce qu’elle exige d’eux. Ce serait la prendre pour une imbécile de la voir risquer un Armageddon économique que pour ça. Alors aurait-elle dans la tête de faire exploser la zone €? Un grand balayage avant les élections de l’automne prochain qui mettrait la crise des migrants au rang d’épiphénomène.

La plus grande économie d’Europe dorénavant seule à la barre de l’Union Européenne hésite sur son avenir. Doit-elle continuer à tracter les pays du club med et verser des milliards à fonds perdus ou se recentrer sur sa zone d’influence historique au cœur de l’Europe? La France dans tout ça n’est plus qu’un paramètre parmi d’autres.

Frédéric Le Quer