Quand le droit d’asile devient un dû

Par Jeudi 17 septembre 2015 Permalink 21

Le droit d’asile que l’Union Européenne accorde aux migrants est considéré par eux comme un dû. Encouragés par la presse et les associations, ils fustigent les pays dans lesquels il est difficile d’entrer, se battent dorénavant avec les forces de l’ordre pour y pénétrer, exigent de passer par un endroit plutôt qu’un autre. Ils sont encouragés par Bruxelles qui est sur la même ligne.

Si les migrations à l’intérieur du continent européen ont toujours existé, celle-ci venant d’Asie est du jamais vu. Le refuge naturel de ces réfugiés devrait être un moyen orient qui, dans son ensemble, ferait preuve de solidarité, et certains pays en ont largement les moyens, pour aider des gens susceptibles de souffrir là où ils sont nés. Ces gens seraient alors en droit de réclamer cet effort fraternel dans un monde de culture musulmane. Les médias tendent à minorer la question culturelle que pose cette immigration. Elle est pourtant omniprésente y compris sur la route des Balkans qu’emprunte les réfugiés. Aucun problème quand les pays traversés sont de confession musulmane majoritairement ou dans une large proportion. Au Kosovo, 90% de musulmans, en Albanie 70% de musulmans, en Bosnie Herzegovine la moité de la population est musulmane et en Macédoine 40%. Ailleurs tout devient plus compliqué car la solidarité n’est plus la même, car le sentiment d’envahissement est plus accentué.

Si toute personne d’après la convention de Genève a le droit de chercher refuge et d’en bénéficier quand sa vie est menacée, aucun pays n’a l’obligation de recevoir tous ceux qui le demandent. Et pourtant le sentiment que cherche à faire passer l’Union Européenne, aux mains des entreprises multinationales et les médias qui ont tous le même biais pro-européen, est que les états seraient désarmés et devraient subir le flux incessant de migrants venus de pays en guerre. Et peu importe le choc de cultures qui en résultera forcément compte tenu du nombre d’arrivants. Peu importe le mal être que vivra un citoyen en se sentant dépossédé de son pays puisque forcément ce sera un sale raciste xénophobe. Peu importe l’appauvrissement et les difficultés économiques qui surviendront obligatoirement puisque ce sera le devoir de chacun de se pousser pour laisser la place aux autres. Angela Merkel s’est offerte un weekend de promotion en montrant une générosité qu’elle se reproche aujourd’hui devant le soulèvement des allemands, ceux qu’on entend jamais mais qui votent et qui ne veulent pas de cet afflux incontrôlable. Ils savent que c’est de leur qualité de vie dont il est question maintenant.

L’Union Européenne s’effondrera à cause de son refus élitiste de considérer les aspirations de sa classe moyenne sous prétexte de vouloir aider la terre entière. Son appréhension du droit d’asile la fragilise en lui ôtant la faible base démocratique qui lui restait encore. Elle cherche à se substituer aux états mais ceux-ci n’ont de sens que dans leur rôle de protection. Elle refuse ce rôle. Il lui en coûtera car c’est un retour des nationalismes auquel aboutira son absence d’efficience.

Frédéric Le Quer