Putative reprise

Par Mercredi 22 avril 2015 Permalink 17

La reprise qui n’était pas douteuse il y a seulement quelques semaines, est dorénavant annoncée sur un ton beaucoup moins péremptoire du style « il finira bien par y avoir un peu de reprise… » Les médias, ne voulant plus trop s’engager tant elle devient de plus en plus hypothétique, virent doucement leur cuti tout en gardant leur biais optimiste.

Les résultats d’entreprises se révèlent d’abord bien médiocre et les rachats d’action ont de plus en plus de mal à cacher les baisses des bénéfices. Du coup les mégas fusions égrainent la vie des entreprises. Les restructurations et le chômage continuent à rythmer celle des salariés ballottés entre perte de revenus, insécurité systématique concernant le contrat de travail, risque réel de pauvreté.

Les indicateurs économiques dits avancés car se voulant prédictifs,  commencent déjà à montrer un retournement « inattendu », bien sur, avec par exemple hier la confiance du secteur financier allemand en baisse alors qu’on espérait tout ce petit monde habité d’un optimisme béat! Mais la reprise est poussive et la déflation installée. Enfin quand on parle de déflation, il ne s’agit pas de la consommation courante car chacun constate que les prix au supermarché ne baissent pas vraiment mais surtout du problème appelé en nov’langue modération salariale. Les banquiers centraux voudraient bien d’une augmentation des petits salaires mais ils ne peuvent point… La légère relance de la consommation a une seule béquille, la baisse du pétrole. D’ailleurs les ventes au détail ont été revues à la baisse en janvier et ont carrément reculés en février.

Alors tous les pays de la zone € misent sur les exportations et la demande de pays tiers. Mais hélas en Asie les indicateurs avancés sont franchement mauvais, les Etats Unis ne tirent plus grand monde vers le haut,  concernant la Russie ou le Brésil est-il vraiment la peine d’en parler?… Mais le plus grave est la capacité à exporter de pays comme la France ou l’Italie où le tissu productif s’est fortement détérioré en quinze ans.

Tout le pari est alors dans les effets macroéconomiques du quantitative easing de Mario Draghi. Mais inexorablement la croissance potentielle (celle qu’on n’a pas, mais qu’éventuellement on pourrait avoir) ne cesse de reculer ce qui n’augure ni de la baisse du chômage, ni d’une quelconque reprise d’une demande intérieure rédemptrice.

Frédéric Le Quer