Projet de société

Par Jeudi 5 mars 2015 Permalink 28

Le projet de société en cours n’est pas celui des citoyens, ne vient pas d’une réflexion portée par la base et relayée par ses représentants, ne correspond à aucune revendication des classes populaires et moyennes. Il vient d’un milieu comprenant des patrons de multinationales, des rentiers richissimes, des dirigeants politiques des pays occidentaux. Il est relayé par des universitaires et des journalistes issus des classes précédentes ou étant prêts à toutes les bassesses pour un jour y parvenir en grappillant quelques miettes en attendant.

Certains ne voient pas de fil d’Ariane au monde dans lequel nous vivons qui leur semble sans objectif. Pourtant les preuves du sens de l’histoire sont partout tous les jours. Rien n’est caché mais tout est enveloppé dans un paquet qui se veut le plus joli possible. La mondialisation, vision globale par définition, nivelle les revenus et valeurs morales au niveau nécessaire pour permettre aux plus riches de continuer à l’être de plus en plus et aux autres de subsister.

Quand la baisse du pouvoir d’achat en occident est le pendant de sa hausse dans les anciens pays du tiers monde, l’économie planétaire s’affuble alors d’oripeaux égalitaires pour soumettre les déclassés sur l’autel d’une générosité que ceux qui en ont vraiment les moyens se gardent bien d’avoir! Quand les choix économiques des banquiers centraux enrichissent les mêmes en appauvrissant tous les autres par le quantitative easing, ils mettent le faux nez d’un soutien à l’économie par la lutte contre la déflation alors que  tout est fait par ailleurs pour sécuriser la rente. Quand la liberté de circulation aboutit à l’envahissement des pays européens par des gens de culture fondamentalement différente bouleversant l’existence des ressortissants, elle se pare d’un soi-disant problème démographique alors qu’une politique malthusienne serait mieux à même d’assurer une écologie responsable et des ressources suffisantes pour chacun.

Les populations se meuvent donc dans un avenir incertain nécessaire à leur soumission. Leur laisser l’espoir de jours meilleurs dans le cadre d’un présent difficile mais suffisamment stable pour pouvoir survivre est la condition de l’absence de révoltes populaires pour garantir la perpétuation des caciques. La comédie des postures politiques virulentes, avec les joutes verbales qui s’en suivent, permettent de faire croire à un choix démocratique idéologique possible; il s’agit juste d’un leurre pour masquer le projet de société qui a été décidé par une infime minorité uniquement dans son intérêt.

Frédéric Le Quer