Problème identitaire ou économique?

Par Mardi 5 juillet 2016 Permalink 6

Certains pays ont un problème identitaire. Certains pays ont un problème économique. Enfin il y a une troisième catégorie de pays dont la société est à la fois parcourue par le problème identitaire et le problème économique.

Première catégorie avec des pays comme l’Espagne ou le Portugal qui sont des purs players! Leurs difficultés sont d’ordre économique. Le débat sur l’immigration est quasiment inexistant. La Grèce et l’Italie ne connaissent qu’une immigration de passage et non de peuplement qui est cependant suffisante pour mâtiner leurs essentiels problèmes économiques de questions identitaires qui influent de plus en plus sur le débat politique.

Deuxième catégorie avec l’Allemagne, l’Autriche, la Hollande, la Finlande, la Suède… qui sont aussi des purs players mais là sur la question identitaire. Pas de graves problèmes économiques, mais l’impression de ne plus reconnaître leur pays devant l’afflux inédit d’une immigration de peuplement à la culture opposée à la leur au niveau de la libération des femmes, de la nourriture, de la sexualité, enfin pratiquement tout. Les partis alternatifs qui montent se placent sur le domaine de l’immigration et de l’identité culturelle. Pour ces citoyens, ce n’est pas moins important qu’un problème de fric, au contraire car c’est l’essence même de ce qu’ils sont depuis des siècles qui se délite. Il y a aussi le groupe de Visegrad (Hongrie, Pologne, Tchéquie, Slovaquie), pays pour lesquels le problème d’immigration est majeur mais qui se combine avec des difficultés économiques qui accentuent leur rejet de l’étranger.

Enfin le troisième groupe de pays qui cumule les difficultés économique et identitaire est composé de la France, presque un symbole entre Marine Le Pen et Mélenchon, des Etats Unis, les campagnes réussies de Trump et Sanders en sont la preuve, et on vient de le voir du Royaume Uni. Ils renverseront la table dès que l’occasion se présentera et ce quel que soit la propagande subie. Une partie de leur population n’a plus grand chose à perdre.

L’occident est à un carrefour. Inéluctablement des partis n’ayant jamais gouvernés viendront un jour au pouvoir. S’ils se couchent comme Syriza, ce sera la guerre civile.

Frédéric Le Quer