Primaires, le scandale démocratique

Par Jeudi 22 septembre 2016 Permalink 3

Les primaires de droite sont choquantes et anti démocratique car elles bafouent la constitution écrite par Michel Debré et Charles De Gaulle. Si la gauche peut les organiser sans être en contradiction avec elle-même, le parti Les Républicains se fourvoie en singeant ses adversaires politiques.

La présidentielle n’est pas un télé crochet alors qu’avec les primaires on imagine dorénavant très bien un jury constitué de Jennifer, Mika et Florent Pagny s’esclaffer après une tirade sur l’€ ou sur les migrants en buzzant pour dire leur accord ou pour rejeter une proposition. Et le public animé par un chauffeur de salle de rire, de huer ou d’applaudir! Alors l’un des récipiendaires, genre Bruno Lemaire d’avoir les larmes aux yeux de remercier toute sa famille et ses amis en sachant qu’il n’est pas éliminé la première semaine et reviendra le tour d’après! Et puis si les téléspectateurs ne suivent pas, à la prochaine émission on badigeonnera le perdant, genre l’illustre inconnu Jean Frédéric Poisson (si, si il existe!) de goudron et on lui collera des plumes! Les primaires, ça va être l’éclate! Les primaires, ça va faire de l’audimat!

Pourtant, certains citoyens pensent encore naïvement que la fonction présidentielle est la rencontre d’un homme et d’un peuple. Et là, à part Sarkozy ou Juppé, aucun ne peut prétendre pouvoir réussir cette alchimie. Le premier tour est là pour départager ces deux types de droite, deux types de personnages aux épaules larges qui se sont toujours combattus: Poher-Pompidou, Chaban-Giscard, Giscard-Chirac, Chirac-Balladur. Alors pourquoi pas cette fois? Et bien parce que tout le monde pense que Marine Le Pen sera au second tour et les caciques des LR craignent encore qu’un candidat socialiste leur passe devant. Marine Le Pen, la seule à respecter l’esprit de la constitution gaulliste, c’est le monde à l’envers! La seule capable d’amener sur son nom un tiers des suffrages au premier tour! Bien sûr, il y a peu de chance qu’elle soit élue. Les médias nous feront le coup du fascisme ne passera pas et le front républicain rameutera les courants mortifères de la démocratie française.

Alors le prochain président de la république sera élu par défaut grâce aux 2 ou 3 millions de votants aux primaires de droite. La démocratie en sortira affaiblie. La France sera plus divisée que jamais. Les années les plus noires pour notre pays n’ont pas encore commencé.

Frédéric Le Quer