Prévisions gouvernementales au-delà du réel

Par Mercredi 30 septembre 2015 Permalink 11

Comme tous les ans, le Haut Conseil de Surveillance des Finances Publiques conteste les prévisions gouvernementales les trouvant trop optimistes et l’année qui suit lui donne raison Le ministère des Finances sous-estime régulièrement la dépense publique, surestime le produit intérieur brut, surestime l’investissement, est trop optimiste sur l’environnement international.

Les agences de notation dégradent la France régulièrement. La première fois, ce fut un drame. Dorénavant c’est une habitude. Les médias les plus aux ordres du gouvernement comme France Info, au lieu de remettre en cause la politique gouvernementale, nient l’intérêt des notes en s’interrogeant sur leur légitimité. Peut-être, la nullité de ces agences au commencement de la crise des subprime ne plaide pas pour elles. Mais un organisme indépendant travaillant auprès de la cour des comptes, c’est autre chose…

Le Haut Conseil des Finances Publiques est chargé d’apprécier le réalisme des prévisions macroéconomiques du gouvernement et de vérifier la cohérence de la trajectoire de retour à l’équilibre des finances publiques. Alors que le gouvernement était persuadé de dépasser ses prévisions de croissance pour 2015, l’organisme les pense seulement atteignable. Et globalement c’est le seul satisfecit de ce rapport qui dit:

-Les inquiétudes se sont accentuées cet été concernant les économies émergentes

– Les prévisions de croissance pour la zone euro ont été revues à la baisse

– l’hypothèse d’une croissance de 1,5 % en 2016 n’est pas prudente

– la hausse des prix pourrait être inférieure à l’hypothèse de 1,0 % retenue par le Gouvernement.

-la progression de la masse salariale pourrait être moindre que ne le prévoit le Gouvernement en 2016, ce qui aurait un impact négatif sur les recettes de cotisations sociales.

L’organisme considère dans un langage diplomatique que le gouvernement bidonne les chiffres de déficit structurel en augmentant ses hypothèses de croissance potentielle

– le Haut Conseil réitère sa réserve de principe, déjà formulée en avril, sur cette révision des hypothèses de croissance potentielle de la loi de programmation

-les cessions de licences 4G devraient être traitées comme des mesures ponctuelles et temporaires dans le calcul du solde structurel.

-des risques significatifs pèsent sur la réalisation de l’objectif de ralentissement de la dépense en volume, particulièrement ambitieux au regard de sa trajectoire passée.

Les prévisions gouvernementales correspondent à des paris sur l’avenir toujours démentis. Sa négation du réel depuis qu’il dirige la France est calamiteuse. Il compense ses échecs par des mesures qu’il monte en épingle pour crédibiliser une action qui a abouti jusque là à un affaiblissement du pays et un profond sentiment de découragement de la part des français. Avec le budget 2016, ça continue.

Frédéric Le Quer