Un premier ministre courroucé

Par Lundi 9 mars 2015 Permalink 25

Courroucé, le premier ministre prend une attitude belliqueuse, un regard exorbité, une mâchoire plus saillante que jamais pour parler du Front National. Il cherche à faire revenir les électeurs mais refuse bien de leur dire ce qu’ils souhaitent: Ceux que François Hollande appelle les français de souche veulent que l’immigration cesse.

Quand? Voilà la question qui demande une réponse claire car les français, ni par racisme, ni par xénophobie, non ils ont de tout temps été accueillants, craignent aujourd’hui de voir leur propre culture, leurs valeurs familiales, leur mode de vie s’éteindre devant un monde musulman envahissant. Quand cela cessera-t-il? Pourquoi laisser avec de plus en plus de complaisance le pays se transformer en terre islamique? Dénigrer ou insulter ses compatriotes ne changera rien au sentiment toujours plus vif de voir la France se transformer et la culture islamique se substituer et s’imposer dans des endroits de plus en plus vastes rejetant inéluctablement ailleurs les autres, ceux pour qui le fameux prophète ne représente rien.

Les journalistes, les hommes politiques font semblant de ne pas comprendre et continuent de proposer des solutions usées jusqu’à la corde. Il est bien trop tard pour entendre un discours républicain sur l’école ou sur la ghettoïsation. Le vivre ensemble est devenu une foutaise lorsque des coutumes religieuses se répandent dans la rue comme une traînée de poudre. Aucune statistique bidonnée, que Manuel Valls appelle statistique de la diversité pour ne pas employer le mot ethnique (décidément ce gouvernement a un problème avec la langue française!), ne changera la perception prégnante du peuplement de remplacement en cours.

Alors les français se rebellent. Gentiment, calmement, dans les urnes, ils cherchent à faire comprendre leur malaise et seul un parti se frotte à la question « quand » en répondant « maintenant », c’est celui de Marine Le Pen. Le népotisme du Front National ne séduit guère. Le programme économique avec la sortie de l’€ fait peur, peut-être à tort d’ailleurs. Les candidats sont loin d’être tous des lumières. Mais le Front National répond à l’immigration, sans chercher à remplacer le sujet par le logement, la pauvreté, les prisons ou l’école, et il dit ce que la plupart des gens pensent: il faut que cela cesse.

La demande de protection du peuple français n’est pas une honte, l’état est fait pour ça. L’aspiration au bonheur des citoyens est légitime. Les mettre dans l’insécurité permanente en laissant déferler un monde peu soluble dans les valeurs républicaines est une cruauté que le premier ministre refuse de prendre en compte. Son courroux est injuste car son aveuglement est indigne de sa fonction.

Frédéric Le Quer