Poutine, le sage

Par Mardi 15 mars 2016 Permalink 1

La plaine fertile de Damas à Alep, après avoir été pacifiée par les russes va inévitablement voir revenir les combats entre sunnites et chiites suite à la décision surprise de Poutine de retirer la majeure partie de ses troupes de Syrie. A partir du moment où il n’était pas question que son armée s’enlise au proche orient, le moment est bien choisi. Le cessez-le-feu perdure et le régime de Bachar al Assad, malgré les rodomontades de certains, s’est consolidé.

Ce n’est pourtant pas une bonne nouvelle pour les européens. L’Etat Islamique va reconquérir les positions perdues. L’Arabie Saoudite va poursuivre son double jeu tranquillement entre les islamistes et les occidentaux. Les populations syriennes vont affluer dans l’Union Européenne de plus en plus nombreuses. Honteusement, aucune large coalition internationale n’a jamais vu le jour contre le terrorisme et au contraire les sanctions contre productives contre la Russie (voir la crise agricole) continuent dans l’incompréhension générale des populations à l’est comme à l’ouest.

Poutine reste très populaire dans son pays mais la situation économique se dégrade. La baisse généralisée des matières premières est un drame pour l’économie russe qui n’a pas vraiment les moyens financiers de sa politique au moyen-orient. Des groupuscules d’opposition se mettent en place. Les exemples slovaques ou hongrois inquiètent. L’occident cherche à déstabiliser ces gouvernements au sein de l’UE, démocratiquement élus, en fomentant des grèves d’enseignants pour qu’elles fassent tache d’huile en agrégeant un mouvement étudiant. Les souverainistes sont honnis et tout sera fait pour les éradiquer.

Il est donc temps pour Poutine de se replier afin de se concentrer sur sa situation intérieure. Après une baisse du PIB en 2015 de 3,7% et l’effondrement du rouble de 127%, de douloureuses réformes politiquement risquées vont devoir être mise en action. De plus son pays abrite aussi des islamistes qui n’attendent que le moment opportun pour mettre le feu à Moscou. Se retirer de cette guerre sans fin était la sagesse. Pour l’Union Européenne c’est un souci de plus.

Frédéric Le Quer