Poutine, la Russie, la guerre

Par Mercredi 25 novembre 2015 Permalink 7

Les avions russes ont, depuis le début du mois, un mal fou à rester en l’air! Hier c’était donc le troisième à être victime d’un accident en vol après l’avion de ligne en Egypte et l’avion-cargo au Soudan dont on ne sait rien. C’est indéniablement, à travers ces drames, l’image de Poutine et de son pays qui est écornée.

La Russie n’est-elle pas devenue un pays qui, un peu comme la France d’ailleurs, n’a pas les moyens de la posture dont elle se targue? Si, à l’inverse des occidentaux, sa stratégie est claire, i.e. un soutien aux chiites contre les sunnites, ne donne-t-elle pas en revanche de ce fait une prise trop facile à ses adversaires? La Russie, dont la banque centrale vient de décider de créer de la monnaie à partir de rien comme la Fed, la BOJ ou la BCE pour tenter de palier aux problèmes économiques du pays dus à la chute des matières premières, peut-elle sur la durée jouer ce premier rôle pris par Vladimir Poutine en Syrie? Le président russe qui tire sa gloire dans son pays et à l’étranger de la force qu’il dégage pourra-t-il se contenter de représailles financières à l’encontre de la Turquie?

Poser toutes ces questions est déjà y répondre. La Russie n’a pas les moyens de ses ambitions mais le patriotisme de son peuple peut compenser ce problème. Tous les musulmans sunnites sont ligués contre les russes et les divergences entre la Turquie, les pays du golfe ou même l’organisation de l’Etat Islamique s’estompent face à l’ennemi commun que représente l’Iran chiite, amie du chiite Bachar et soutien de tous les chiites de la région jusqu’au Yémen, l’ensemble ayant pour allier le slave Poutine. Dans ce proche orient où tous les protagonistes se complaisent dans des relations alambiquées, la Russie devient un épouvantail très visible à abattre en premier.

Si après la destruction d’un avion de combat par un pays bien identifié, la Russie s’écrase comme elle a l’air au niveau international, c’en sera fini de son rôle dans la région et elle deviendra rien d’autre qu’un participant de plus à la guerre, par dessus le marché honni par Washington qui semble dans ses déclarations déjà soutenir les turcs. Poutine n’a d’autres solutions que de se faire respecter et il va devoir frapper fort… ou faire ses valises et retourner plus sagement se frotter aux ukrainiens!

Frédéric Le Quer