Pour la mairie de Paris, la musique c’est le diable

Par Mercredi 8 juin 2016 Permalink 3

Un rapport fumeux, encore un, demandé par la mairie de Paris, associe les cours particuliers de musique et la pédophilie. Il remet en cause les conservatoires de musique, l’apprentissage particulier d’instruments de musique dans ce cadre, les stages de perfectionnement sur plusieurs jours. Les enseignants sont donc jugés a priori comme des obsédés sexuels en puissance et leur mécontentement est du coup égal aux aberrations contenues dans le dossier.

Concernant les profs, la municipalité les calmera avec une petite augmentation de quelques euros et ces braves gens dont la capacité d’indignation s’arrête au portefeuille, rentreront dans le rang comme ils ont fait avec la honteuse réforme de l’enseignement secondaire. Pour les élèves, ce genre de débat finira forcément par les toucher. C’est évidemment l’égalité d’accès à la culture qui est ainsi remise en cause. Les familles françaises rêvant de voir leur enfant apprendre à jouer d’un instrument sans être très aisées mais juste ambitieuses ou simplement pour le bien être de leur progéniture se voient ôter, avec ce genre de rapport s’il était adopté, la possibilité de cette ascension sociale, intellectuelle qui faisait la gloire de la république. Décidément pour la gauche, chez les pauvres, aucune tête ne doit sortir du rang. Les masses bêtes et obtuses doivent rester ce qu’elles sont!

Mais derrière la publication de ce rapport, il y a aussi un problème de décence. Quelques mois plus tôt, un imam à Brest qui continue à sévir, disait sans sourciller à des enfants pouvant bénéficier de l’instruction dispensée par un conservatoire, tout le mal qu’il pensait de la musique lors d’un cour dont le thème était « la musique expliquée aux enfants »: « Écouter de la musique, c’est un grave péché. C’est écouter Scheitan, le diable. Allah n’aime pas la musique parce que c’est ce que le diable aime. Ceux qui chantent, le prophète a dit qu’ils seront engloutis sous la terre. Ils seront transformés en singes ou en porcs. Qui aime encore la musique? La musique fait naître l’hypocrisie, les choses mauvaises. Ton cœur devient noir ». L’obscurantisme de l’islam était ainsi révélé sans passer par quatre chemins!

Le rapport de la mairie de Paris voit donc aussi dans la musique beaucoup de « choses mauvaises » et n’est pas loin de donner raison à l’imam. La France sombre ainsi un peu plus tous les jours en contraignant les aspirations individuelles. Soumise à la pression totalitaire de quelques uns, pour quelques cas très particuliers qu’on cherche à généraliser, la société devient de plus en plus inégalitaire et de moins en moins éclairée. Rassurons- nous, il reste le grand cirque footballistique!

Frédéric Le Quer