Pour David Cameron, le plus dur l’attend

Par Samedi 20 février 2016 Permalink 15

L’ Union Européenne a offert à David Cameron le psychodrame nécessaire pour qu’il rentre à Londres en ayant l’air d’avoir lutter comme un acharné pour obtenir les concessions que son pays exigeait. La comedia del arte s’est jouée entre des acteurs habitués à leur rôle, ni bons ni mauvais, qui étaient à Bruxelles pour faire le job!

Peuple, liberté, âme, esprit humain furent les grands mots récités par Donald Tusk pour tenter de mettre un peu de piment à tout ce cirque joué d’avance. Même Churchill fut rappelé à la rescousse! Mais, bon, avant minuit chacun pouvait rentrer chez soi tranquillement, il n’était pas question de refaire une nuit blanche comme avec les grecs… Le Royaume Uni ne fera jamais partie d’un super état européen, encore eut-il fallu pour que la question se posât vraiment qu’il put en être question! Donc maintenant la balle est dans le camp du premier ministre britannique.

Angela Merkel a conclu en souhaitant le meilleur à son homologue anglais. Il en aura bien besoin. Si Nigel Farrage a déjà déclaré sans surprise que « l’accord ne valait  pas le papier sur lequel il était écrit », la presse britannique recense 4 ministres susceptibles de faire campagne pour le non à l’UE. Les conservateurs sont très divisés et même les travaillistes plutôt europhiles se montrent par leur chef, Jeremy Corbyn, critiques. Le Daily Mail, très eurosceptique interroge ce matin David Cameron sans ménagement par ce gros titre sans ambiguïté: « T’appelles ça un deal, Dave? »

Il ressort que seule la chancelière allemande s’est réellement montrée compréhensive. Elle voulait que l’union soit assez généreuse pour que Cameron puisse être soutenu par la majorité des futurs électeurs. Bien que visiblement plus préoccupée par la crise des migrants, l’idée que l’Allemagne se retrouve avec la France, l’Italie, l’Espagne, le Portugal et la Grèce n’a vraiment rien pour l’enchanter! Les anglais, ce sont un peu des cousins pour les protestants allemands…

Tout le drame de l’Union Européenne était dans les non-dits d’hier: des gens qui pensent pareil sur rien mais qui font comme s’ils étaient d’accord. Ce genre de rapport en général finit toujours pas péter…

Frédéric Le Quer