Populisme

Par Lundi 24 novembre 2014 Permalink 28

Le mot populisme est utilisé pour déconsidérer tout argument tendant à remettre en cause la politique européenne concernant la protection aux frontières ou la monnaie unique telle qu’elle est conçue ou les arbitrages pris de trop loin pour répondre aux problèmes quotidiens. Tout ce qui tend à privilégier un état fort contre une conception évanescente de son statut est dorénavant voué aux gémonies.

Les européistes militants ne se privent pas d’invectiver tout acte de résistance contre leurs dérives cherchant à transformer les nations en simples entités administratives. Le populisme est servi à propos de tout du moment qu’il permet de rabaisser l’adversaire et ses opinions en évitant ainsi tout débat et toute remise en cause; comme si chercher l’adhésion d’un peuple était faire perdre du prestige à la politique!

Derrière le mot traîne omniprésente mais moins utilisée la notion de démagogie. Le populiste flatterait les citoyens qui pensent que l’euro n’a pas créé de bien-être supplémentaire, qu’il participe probablement à la stagnation économique dans de nombreux pays européens ou que l’immigration outrancière contribue au malaise des français, que l’implantation sur le territoire de la religion musulmane crée un trouble.

Pour remédier à ces maux, l’avis du peuple, ses aspirations, doivent être pris en compte, analyser, conceptualiser. Le populisme combat en fait la pensée voulue, imposée, décidée par d’autres. Il tend à comprendre les besoins d’individus pris autrement qu »en temps qu’homo œconomicus, se considérant comme une partie intégrée d’un tout, où le présent est ratifié par le passé et qui aide à comprendre l’avenir. Le populiste s’adresse au citoyen libre, membre d’un peuple libre.

Il est bien un signe des temps qu’un terme tiré du mot peuple soit ainsi devenu si péjoratif. Qu’un groupe puisse revendiquer sa culture commune, parce que lui-même se sent issu d’un tronc commun, devient une hérésie chaque jour plus criminelle. Le populisme se heurte au dogme moderne où l’individu est privilégié tel un ovni, sans usage, sans racine, sans attache. Le populisme est honni parce qu’il proclame que les intérêts d’une classe, celle de l’élite auto-proclamée sont en opposition directe au bien-être général et démasque ainsi les mensonges qui font croire que les décisions prises actuellement puissent être bonnes pour tous alors qu’elles ne servent dorénavant plus qu’une caste.

Populisme est, en fin de compte, un beau mot. Il ramène la politique à ce qu’elle doit être, la quête permanente du mieux-vivre  pour des citoyens non plus laisser en dehors des choix qui les concernent mais retournant au centre des préoccupations.

Frédéric Le Quer

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