Pologne Hongrie: l’axe du mal!

Par Mercredi 30 décembre 2015 Permalink 5

La Pologne et la Hongrie vont donner en 2016 du fil à retordre à l’Union Européenne. L’amitié historique de ces deux importants pays d’Europe centrale ne se dément pas. Le maintien de l’identité chrétienne de l’Europe dans le cadre d’un nationalisme sans concession reste leur priorité.

Viktor Orban, le premier ministre hongrois, et Jarosław Kaczyński, le leader polonais du parti au pouvoir, chapeautant plus ou moins le nouveau premier ministre, Beata Szydło, ne sont absolument pas des libéraux comme on l’entend dorénavant avec l’idée d’abolition des frontières.  Ils sont souverainistes avec acharnement  et représentent par la même ce qui est à bannir pour Bruxelles. Varsovie-Budapest est devenu l’axe du mal pour nos élites mondialisées s’épanchant dans les cercles européistes. Ils incarnent à eux deux une autre voie pour l’Union Européenne, celle d’un retour vers la primauté des nations. Ils sont très largement suivis par leur population à l’inverse les dirigeants d’Europe de l’ouest subissant pour la plupart un véritable désamour.

D’abord concernant les migrants, la Pologne et la Hongrie sont fermement opposés à l’idée de les accueillir. Plus grave pour les dirigeants de l’UE, la Hongrie a démontré que les murs empêchaient les gens de passer à l’inverse de ce que la propagande de l’ouest tentait d’insinuer dans les esprits. Quand on veut, on peut; eux veulent et ils sont rejoints sur cette politique par la République Tchèque et la Slovaquie. Il n’est pas question d’entendre parler de quotas de migrants pour ces pays.

Concernant l’€, la Pologne et la Hongrie sont résolument contre l’idée d’entrer dans la zone. Les pires catastrophes leur sont donc prédites. L’effondrement de leurs monnaies,  le zloty et le forint ou des marchés boursiers, c’est selon, est envisagé dans les plus brefs délais. évidemment. Du repli sur soi ne peut rien venir de bon d’après ceux qui laissent parallèlement plonger les économies du sud de l’Europe et de la France! En attendant leur situation est bien moins  inquiétante qu’au Portugal par exemple (PIB par habitant semblable), pour des pays qui sont sortis du bloc soviétique, il y a seulement un quart de siècle… Les résultats économiques de Viktor Urban sont bons et  Beata Szydlo compte s’inspirer de sa politique.

Concernant les relations avec la Russie les divergences apparaissent. Si elles sont au plus bas entre Varsovie et Moscou, Viktor Orban montre une grande admiration à l’égard de Vladimir Poutine ce qui crée un brèche supplémentaire dans l’unité de plus en plus factice de la politique de l’Union Européenne en Ukraine.

Les hommes et les femmes au pouvoir en Pologne et en Hongrie ne sont pas d’extrême droite. Ils sont simplement arc boutés sur une indépendance sourcilleuse qu’ils viennent de retrouver et qu’ils ne veulent pas reperdre au profit d’une organisation supranationale comme l’Union Européenne. Fiers de leur culture et fiers de leur pays ils refusent l’auto-dénigrement auquel succombe tant de pays d’Europe. Ils incarnent intellectuellement une piste pour le renouveau de l’idée européenne.

Frédéric Le Quer