Politiquement correct vs souverainisme

Par Mardi 20 septembre 2016 Permalink 3

Personne ne comprend très bien à quel moment le politiquement correct va frapper. Le fait divers concernant le syndic Foncia à Nice est, de ce point de vue, révélateur. Le drapeau tricolore fièrement érigé sur un rez-de-jardin gêne la vue du voisin d’au-dessus. Ce dernier au lieu de mettre en avant cet élément factuel se plaint de ce signe extérieur « franchouillard ». Le syndic maladroitement reprend indirectement cet argument pour dire aux patriotes du dessous d’enlever leur étendard en parlant d' »activités sportives estivales terminées » tout en les remerciant de leur patriotisme!

Le syndic pensait naïvement que son argument passerait dans un contexte où les valeurs nationalistes sont fustigés par les chefs d’état eux-même depuis Mitterrand (« le nationalisme c’est la guerre »), depuis les plates excuses de la France de Chirac au monde entier, depuis le fait de considérer le vote des électeurs français inférieur aux traités européens de Sarkozy, depuis Hollande pour l’ensemble de son oeuvre. Alors les entreprises mondialisées piétinent les symboles de la république en croyant malin de se prévaloir de vertus apatrides quand ça les arrange car quand il est question de passer à la caisse des subventions elles retrouvent comme par magie leur nationalité!

Mais le vent tourne et la souveraineté nationale a le vent en poupe. Alors que le parti socialiste se tait, que LR n’a pas vraiment de ligne vu que c’est au premier qui a parlé, les souverainistes hurlent à l’agression contre les valeurs de la république. De quoi, de quoi? Le drapeau français interdit par un syndic d’immeuble? Sus à l’ennemi mondialisé! Les médias mal à l’aise ne jugent pas mais relatent. Le politiquement correct se voit opposé le bleu blanc rouge et recule en rase campagne. Le PDG de Foncia désavoue son employée et redevient patriote. Il est pourtant à parier que cette dernière pleine de l’esprit de l’entreprise agissait dans le sens de ce qu’on lui a appris.

Alors jusqu’où se doit-on d’être politiquement correct et à quel moment doit-on s’arrêter? Evidemment le souverainisme n’est pas politiquement correct mais compte tenu de son aura dans la population, il faut s’en méfier. Le politiquement correct s’épanouit dans la charité et l’accueil. Le souverainisme ne peut pas dire par exemple de laisser se noyer les migrants en Méditerranée et qu’après quelques dramatiques naufrages, ils ne reviendront plus. Là le politiquement correct s’insurge violemment. Mais par contre, le politiquement correct ne peut plus fustiger les valeurs et les symboles républicains pour les remplacer par ceux supranationaux de l’Union Européenne. Les souverainistes montrent les dents et font plier les tenants de la mondialisation.

La bataille actuelle semble tourner en faveur de la démondialisation mais les mondialistes tiennent encore les places clés. Pour ceux qui retournent leur veste toujours du bon coté, il est temps de commencer à revoir leur logiciel. La masse finit toujours par avoir raison de la minorité.

Frédéric Le Quer