Point de crispation en Corée-du-Nord

Par Mercredi 9 août 2017 Permalink 1

Alors que notre civilisation s’éteint doucement avec un horizon de trois à quatre générations avant sa chute finale, le facétieux Kim Jong-un, dictateur de la Corée-du-Nord, cherche à précipiter le mouvement. Il semble avoir assez bien cerné le caractère du président américain et multiplie pour l’exciter les provocations verbales en menaçant les Etats-Unis de leur faire par exemple « payer un millier de fois le prix de leurs crimes ». Donald Trump, plus orgueilleux que jamais, au lieu de calmer le jeu, s’énerve et prévient qu’il faut s’attendre « à un feu et à une fureur que le monde n’a jamais vus jusqu’à présent »!

Devant si peu de sang-froid, l’Inde, la Russie et la Chine déclarent ensemble fin juillet qu’ « en tant que pays avec une influence internationale grandissante, ils peuvent apporter une importante contribution à la paix, à la sécurité et à la stabilité mondiales. » Il s’agit là des représentants de plusieurs milliards d’individus qui se proposent de se substituer aux américains comme gendarme du monde. Ce n’est pas rien dans notre village planétaire! Après d’âpres négociations, le conseil de sécurité de l’ONU vient de voter à l’unanimité, i. e. avec la Russie et la Chine, des sanctions économiques contre la Corée-du-Nord. Si la doctrine principale du petit pays est l’auto-suffisance, le coup est rude puisqu’il ne peut plus exporter son charbon, son plomb, ses minerais…

La Russie et la Chine ont par leurs déclarations mis un bémol à leur vote. Coté russe on s’inquiète en signalant que « la rhétorique couplée à une démonstration de force irréfléchie conduisent à une situation où le monde se demande véritablement s’il va y avoir ou non une guerre ». Coté chinois, la mise en garde à l’égard des Etats-Unis est du même type en prévenant que « l’usage de la force ne règle pas les différences et conduira uniquement à de plus grandes catastrophes ».

Au cours de cet épisode, les Etats Unis ont l’air de s’être trouvés l’ennemi qui leur convient. Comme avec l’Irak de Saddam Hussein, ils commencent par dénoncer la puissance nucléaire de leur ennemi avant probablement d’entamer un conflit militaire. Si cela, comme c’est probable, ne plait ni aux chinois ni aux russes, les risques d’une guerre mondiale sont élevés.

Frédéric Le Quer

Ps: 19 km de frontière terrestre avec la Russie, 1416 avec la Chine