Philosophie de la loi travail

Par Vendredi 1 septembre 2017 Permalink 3

Avant tout voici le lien pour connaitre les cinq ordonnances de la loi travail:

http://www.gouvernement.fr/les-ordonnances-pour-renforcer-le-dialogue-social

Connaitre est un bien grand mot, tant le texte est illisible. Seuls des spécialistes du droit du travail et quelques syndicalistes connaissant leur affaire sur le bout des doigts y comprendront quelque chose. Quant aux autres, sauf à avoir le temps de passer plusieurs jours à cette lecture, ils devront se faire une idée sur ce qu’on leur dit, en fonction de leurs opinions politiques, de leur gout pour tel ou tel commentateur, tel ou tel média. En fait le contenu de cette future loi est très technique, les détails sont légions. Peut-il y avoir une interprétation stricte de ce texte? La jurisprudence va sans doute jouer un grand rôle et il se passera des années avant qu’elle ne soit fixer.

Alors il reste une philosophie, celle voulue par le deus ex machina, Emmanuel Macron, et le deus ex machina a choisi, pour façonner les ordonnances, Mme Pénicaud, enrichie chez Danone grâce à des suppressions d’emplois. Cela en dit long. Cela dit tout. Liberté et mondialisation. La liberté est certainement le concept le plus implacable vis à vis des faibles, celui qui les laisse sur le carreau inévitablement. La mondialisation est l’excuse opportune pour faire de la liberté la priorité. C’est une course à l’échalote. Partout sur la planète un pays aura une loi plus libertaire et il s’agira de la copier sous prétexte de concurrence. L’écrasement des petits vient alors en parallèle à la perpétuation d’une caste de dominants, pas forcément les plus forts mais simplement bien nés.

Dans la création de richesse, l’individu, le travailleur devient une gêne, un poids mort pratiquement. On est très loin du « Il n’y a de richesse que d’hommes » de Jean Bodin (1530-1596) qu’on site à l’envi actuellement puisque ce n’est plus vrai. La machine, le robot, a de plus en plus le monopole de la valeur ajoutée. La tendance à précariser les populations inutiles en est une résultante. La loi travail est un petit pas supplémentaire.

Frédéric Le Quer