Peur pour le réveillon du jour de l’an

Par Dimanche 1 janvier 2017 Permalink 3

Hier soir, à Paris, à partir de minuit moins le quart, nous avons parcouru à pied un trajet allant de la porte Maillot à la tour Eiffel en passant par l’Etoile et l’avenue Kléber. Et nous avons eu peur.

Porte Maillot nous voulions d’abord prendre le métro vers les Champs Elysées. Une cavalcade et des cris nous ont fait rebrousser chemin et continuer à pied. Tout de suite, dehors, des individus nous ont abordés dans un français approximatif. Nous leur avons indiqué la direction des Champs Elysées qui étaient devant eux et ils sont partis en courant en ordre dispersé à notre grand soulagement absolument pas là où ils semblaient vouloir a priori aller. L’ambiance jusqu’à l’Arc de Triomphe était curieuse. La police barrait l’avenue de la Grande Armée. Les gens croisés sur les larges trottoirs peu éclairés avaient des mines patibulaires. Des groupes de jeunes plus habituels marchaient au milieu de l’avenue. Le monde s’accentuait logiquement en approchant des festivités lumineuses organisées par la mairie. Toujours beaucoup de policiers. Très peu de touristes étrangers. De moins en moins de femmes. La foule était essentiellement composée de moyen orientaux probablement, pas d’africains ou très peu. Beaucoup d’hommes étaient seuls. L’avenue Kléber fut plus tranquille en son milieu avec même une famille russe à qui nous avons souhaité la bonne année et qui fut visiblement contente de nous répondre.

Le pire était à venir à l’approche de la tour Eiffel. Des migrants, c’était net, s’agglutinaient vers le Trocadéro. Pratiquement plus de femmes cette fois. Les individus semblaient ivres ou drogués. Leurs yeux étaient injectés de sang. Ils s’approchaient parfois vers les policiers qui les repoussaient des deux mains. Des voitures de police étaient heureusement partout. Nous nous arrêtâmes un instant sur un banc et immédiatement des gardiens de la paix nous demandèrent si tout allait bien. Ce n’était pas une impression ridicule que nous avions. La police était très consciente que tout pouvait exploser à la moindre étincelle vue la faune qu’elle avait à canaliser. La circulation piétonnière sur le pont du Trocadéro était rigoureusement organisée par le service d’ordre se servant de hauts parleurs pour menacer ceux qui mettaient un pied en dehors des larges trottoirs. Visiblement il n’en menait pas large non plus, avait peur d’être débordé et se montrait très directif. Sa présence massive et très pro fut indubitablement la seule raison qui fit que la nuit ne se termina pas en bataille rangée.

Au lieu de tourner à droite au pied de la tour Eiffel ce qui eut été notre chemin, la masse humaine vers l’avenue de Suffren nous fit reculer, nous nous échappâmes vers la gauche. Soulagés du calme revenu, nous fûmes presque surpris qu’il ne nous fût rien arrivé!

Jamais plus: c’est la seule chose qui nous vint à l’esprit.

Frédéric Le Quer