Pessimisme, nostalgie, révolution

Par Mardi 12 avril 2016 Permalink 1

La nostalgie, ce sentiment désuet et vain, vaguement romantique par le désespoir tranquille qu’il induit est en passe de devenir en France une idée politique. Les papis de la chanson des années soixante et soixante dix refont surface et créent le buzz là où ils se produisent et un vieux politicien qui a tout connu, représente pour les médias l’espoir et le futur en 2017. Faut-il voir l’avenir en noir pour en arriver là!

Notre pays n’est toujours pas entré dans le XXIe siècle parce que la France offerte en ce moment donne envie de fuir. Tout sauf celle de Hollande, hurlent les « nuits debout » qui bien que noyautés par les jeunes du PS, représentent un mouvement indiscernable au fur et à mesure qu’il grossit risquant d’échapper aux gauchistes qui l’avaient créé (voir article nuit debout de samedi). La population est animée par le besoin de retrouver son territoire passé, celui d’une France unie par ses us et coutumes avec ses clivages droite gauche rassurants car familiers. En rameutant, naïvement les banlieues, on espère voir venir des gens pareils à soi, la télé nous l’a tellement seriné, mais on récupère des casseurs… Des étudiants, aujourd’hui, vont aller soutenir les revendications des cheminots concernant leurs conditions de travail! Le décalage entre le monde actuel et ça est surréaliste.

Ces mouvements recherchant en France à ressusciter un passé révolu ne mèneront nul part car ils refusent de se donner les moyens de leurs ambitions. Le vivre ensemble et le multiculturalisme ont déraciné les citoyens. La mondialisation et l’ouverture des frontières exigées par l’Union Européenne empêchent l’obtention de conditions économiques meilleures pour les individus. Le progrès ne peut se trouver que dans la réaction, i.e. une remise en cause du libéralisme mondialisé et un retour vers la souveraineté des nations pour stopper net la domination économique et intellectuelle des multinationales. La campagne électorale aux Etats Unis montre tous les jours la force des candidats rejetant une ouverture mortifère sur le monde pour le travailleur américain. Là-bas on n’a pas peur de se donner les moyens de ses ambitions et les propositions des candidats (pas seulement Trump) sont de plus en plus radicales et éloignées du politiquement correct français.

A l’évidence, notre pessimisme manifesté dans les sondages d’opinion se traduisant par un mouvement social balbutiant mais réel est empreint de nostalgie. Mais quand la crise économique « musclée », celle qui appauvrira l’ensemble des citoyens en jetant à la rue une partie d’entre eux car l’état surendetté ne pourra plus rien faire, qui ne tardera plus maintenant, s’ajoutera à l’état d’esprit actuel, il ne faudra plus s’attendre à une révolte, sir, mais à une révolution!

Frédéric Le Quer