Pegida

Par Mercredi 14 janvier 2015 Permalink 23

Alors que l’immeuble abritant les bureaux d’un journal de Hambourg a été incendié parce qu’il publiait les caricatures de Mahomet parues dans Charlie Hebdo, le mouvement Pegida (Patriotes européens contre l’islamisation de l’occident) pouvait se prévaloir d’un record de participation lundi soir à Dresde avec 25 000 personnes. Si Angela Merkel n’hésite pas à déclarer que l’Islam fait partie de l’Allemagne, la population s’inquiète de sa politique d’immigration.

Contre manifestations et gestes symboliques, comme le fait d’éteindre les lumières de la cathédrale de Cologne, ne parviennent pas à désactiver l’émoi populaire dû à cet espace Schengen dont les européens font les frais. La coalition conservatrice de la chancelière est un peu divisée, le CSU souhaitant voir réformer les lois concernant le droit d’asile par exemple, mais le vrai risque politique est l’émergence d’un parti à la droite des conservateurs allemands. Les anti-euros d’AFD soutiennent eux sans état d’âme ce soulèvement venant de la base et pourraient représenter le relais crédible d’une organisation pas encore réellement structurée.

S’il s’étend dorénavant au-delà des frontières de la Saxe, Pegida a pris sa source dans une région où le protestantisme luthérien, rigoriste, est prégnant. Il n’est absolument pas un nouveau nazisme. Il rejette en bloc croix gammée, communisme, fascisme ou encore état islamique. Il est en revanche contre l’immigration islamique en Allemagne considérant que son importance est maintenant exagérée et qu’elle nuit aux valeurs judéo-chrétiennes de l’Europe. Les derniers sondages montrent que 61% des allemands pensent que l’islam est incompatible avec la pensée occidentale.

Le mouvement commence à toucher la Norvège ou le Danemark. En France, les manifestations de dimanche comportent assez de non-dits et de flous pour qu’il soit logique de penser qu’une bonne partie des gens présents avait les mêmes préoccupations que ceux participants à Pegida. Les mises en garde, les rejets de tous les médias européens à l’encontre de cette expression populaire soulignent une nouvelle fois la guerre que se livrent les élites à l’encontre des citoyens. L’Union Européenne désarçonne par les décisions qu’elle ne cesse de prendre, des individus attachés à leur culture, leur mode de vie, leur croyance. Jusqu’à quand la mondialisation s’accentuera contre les peuples? C’est la vraie question qui est dorénavant posée.

Frédéric Le Quer

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